Chers amis,
La vie est semblable à une danse en perpétuel mouvement. Elle exige
que nous évoluions avec une fluidité gracieuse en nous adaptant à son rythme,
plutôt que de rester sur des positions rigides. Imaginez le capitaine d’un voilier
qui refuserait de régler les voiles lorsque le vent change. Le résultat ? Un voyage
qui ne mène nulle part. Mais ce capitaine n’a pas l’intention de se laisser porter
n’importe où par le vent. Il garde sa destination présente à l’esprit et règle les
voiles comme il convient pour garder le cap. De même, alors que le But de la
vie reste constant, le chemin pour l’atteindre exige souplesse et adaptation.
La souplesse est l’un des traits de caractère les plus essentiels dans la vie. Ce
qui marche aujourd’hui ne marchera peut-être pas demain. Imaginez que
vous sortiez par une journée ensoleillée de printemps emmitouflé dans des
cache-oreilles et une écharpe ; c’est efficace en hiver, mais complètement
ridicule au changement de saison. De même, nos réponses doivent évoluer en
fonction des circonstances.
La flexibilité
S’adapter avec grâce et aisance
En méditation, par exemple, garder la pensée de la Lumière divine dans le cœur
est un tremplin. Au début, c’est un point d’ancrage utile, un outil qui nous aide
à nous tourner vers l’intérieur, vers le Centre de notre être. Mais à mesure que
nous plongeons plus profondément, cette pensée se dissout naturellement.
S’y accrocher alors qu’elle n’est plus nécessaire nous empêcherait d’avancer,
un peu comme si nous essayions de porter une barque sur les épaules après
avoir traversé la rivière. L’art du progrès consiste à savoir quand lâcher prise.
Notre objectif étant de devenir plus léger, plus subtil et plus simple, nous nous
débarrassons progressivement de ce dont nous n’avons plus besoin, allégeons
notre fardeau et faisons les choses naturellement et sans effort. Babuji
Maharaj résume ce processus par l’expression « de plus en plus de moins en
moins ». Pour fusionner avec l’Ultime, nous devenons simples et subtils, pour
lui ressembler en nous débarrassant des complexités et des attachements.
Imaginez que vous versez une tasse d’eau dans un lac : les deux se mélangent
aisément, car ils sont semblables. Mais si l’on verse de l’huile dans de l’eau, les
deux restent séparés. Le Divin ne change pas afin de nous rencontrer là où
nous sommes ; nous nous ajustons pour entrer en résonance avec son essence.
L’ajustement ne s’applique pas seulement au voyage spirituel ; cela, nous
le rencontrons dans la vie quotidienne. La jeune mariée qui s’adapte à la
maison de ses beaux-parents et le musicien qui s’harmonise avec un ensemble
comprennent tous deux l’importance de la syntonie. Améliorer votre résonance
avec le Divin est un processus continu d’ajustement de votre pensée, de vos
actions et de votre mode de vie, comme le décrit Babuji dans cet extrait de
son journal :
Pour fusionner avec l’Ultime, nous devenons simples
et subtils pour lui ressembler en nous débarrassant
des complexités et des attachements. Imaginez que vous versez une
tasse d’eau dans un lac : les deux se mélangent aisément, car ils sont
semblables. Mais si l’on verse de l’huile dans de l’eau, les deux restent
séparés. Le Divin ne change pas afin de nous rencontrer là où nous
sommes ; nous nous ajustons pour entrer en résonance avec son essence.
« Le souvenir du Maître a surgi en moi le jour même où il m’a transmis
pour la première fois. J’ai donc continué avec ce souvenir sur trois
plans à la fois : par le souvenir constant du Maître ; en m’ajustant
pour atteindre la condition d’absorption ou layavastha qui était
celle de mon Maître ; et en lisant et faisant l’expérience de ce qui
se passait dans la région où je me trouvais à un moment donné. »
— Babuji Maharaj
Ce processus continu de perfectionnement constitue les abhyas au sens large
du terme. Il exige de l’intérêt, de l’attention, de la vigilance et de la réactivité
Le rôle de la vigilance
La vigilance et l’attention sont les bases de la flexibilité. De même qu’un
conducteur s’écarte instinctivement pour éviter un obstacle, nous ne pouvons
nous adapter qu’à ce que nous remarquons. La réactivité dépend de la vigilance,
et la vigilance dépend de l’attention. Si notre attention se relâche – perdue
dans un téléphone ou une rêverie – nous risquons de rater les signaux qui
invitent à un ajustement.
Dans la pratique spirituelle, l’attention conduit à une conscience plus profonde
du sacré en soi. Cet état d’attention divine, appelé souvenir constant, nous
rapproche naturellement du But, entraînant layavastha dans son sillage. Babuji
a décrit la spiritualité comme « l’art et la science du souvenir constant »,
soulignant sa simplicité, mais un mode de vie simple exige malgré tout de
l’intérêt. Plus notre intérêt pour le But est grand, plus le voyage est court.
Et les obstacles au cours du voyage sont les choses qui distraient, détournent
ou affaiblissent notre intérêt pour le but – ces désirs et samskaras (impressions
liées aux actions passées) qui capturent notre attention. Tout comme le
gouvernail d’un bateau est détourné par des forces extérieures, ils nous font
dévier de notre route. Ils tirent leur puissance de l’attention que nous leur
portons, et en tentant de les déraciner, nous les renforçons au contraire et
nous empêtrons davantage dans la toile matérielle.
Le conseil de Babuji pour surmonter ces distractions est étonnamment
simple : cessez de les nourrir. Tout comme une plante privée d’eau se flétrit,
les attachements s’estompent lorsqu’ils sont privés d’attention. Déplacez
votre attention sur le Divin, par le souvenir constant, et tout le reste se mettra
naturellement en place.
Pratiquez avec flexibilité
Les pratiques de Heartfulness sont conçues pour soutenir ce processus.
Lorsqu’elle est sincère, la pratique quotidienne nous garde alignés avec la
Source et nous empêche de dériver. Souvent, la dérive est tellement progressive
que nous ne la remarquons pas avant qu’il ne soit trop tard ; personne n’est
à l’abri d’une chute éventuelle, donc personne n’a transcendé la nécessité de
méditer. Même si votre guide spirituel vous suggère avec amour que vous
avez atteint un stade où la méditation n’est plus nécessaire, continuez votre
pratique. Abordez-la sous une perspective nouvelle et innocente, en restant
ouvert à l’inspiration et à une connexion plus profonde. Babuji Maharaj
incarnait l’humilité d’un éternel débutant, et son approche était donc
extraordinairement souple.
La véritable flexibilité de la conscience vient de cet alignement qui découle
d’une pratique régulière. Elle vous permet d’évoluer dans le monde extérieur
en répondant aux changements de la vie, tout en restant connecté à votre état
intérieur le plus profond.
Dans son commentaire sur la maxime 9, « Modelez votre vie de manière à
susciter chez les autres un sentiment d’amour et de piété », il écrit :
Dans la pratique spirituelle, l’attention conduit à
une conscience plus profonde du sacré en soi. Cet
état d’attention divine, appelé souvenir constant, nous rapproche
naturellement du But, entraînant layavastha dans son sillage.
« Ainsi, la Nature se manifeste-t-elle sous différentes couleurs, chaque chose recevant
la part qui lui revient selon sa capacité et sa valeur. Autrement dit, Elle s’occupe
d’eux à Sa façon. Il convient de garder cet exemple à l’esprit et de modeler nos
comportements en conséquence, tout en respectant comme il convient les besoins et
le juste droit de chacun… »
Qu’il s’agisse d’adoucir le son de sa voix quand enfant entre dans la pièce ou
d’adapter vos actions aux capacités de quelqu’un (comme lorsqu’un précepteur
ajuste la dose de transmission (Pranahuti) en fonction des besoins du pratiquant),
la souplesse dans le comportement extérieur reflète l’harmonie intérieure.
Un exercice
Afin de développer des niveaux de vigilance et de réactivité plus élevés, faites
une courte pause pour vous centrer et vous reconnecter à la Source lorsque
vous passez d’une activité à l’autre au cours de la journée. Ces moments de
connexion consciente vous rappelleront l’état méditatif et vous permettront
d’harmoniser les aspects intérieurs et extérieurs de la vie. Avec le temps, cela
vous aidera à cultiver le souvenir constant.
L’ajustement ultime
La forme de flexibilité la plus élevée est l’acceptation inconditionnelle, elle
n’exige aucun ajustement. Babuji a enseigné que lorsque nous voyons tout
comme un cadeau du Divin, nous devenons naturellement joyeux et légers.
La véritable flexibilité de la conscience vient de cet
alignement qui découle d’une pratique régulière.
Elle vous permet d’évoluer dans le monde extérieur en répondant
aux changements de la vie tout en restant connecté à votre état
intérieur le plus profond.
Cet état d’acceptation joyeuse adoucit les aspérités de la vie, ce qui nous
permet de relever les défis avec grâce.
À l’aube de cette nouvelle année, accueillons la flexibilité sous toutes ses
formes. Ajustez-vous avec vigilance, abandonnez les fardeaux inutiles et
restez connectés à la Source intérieure. Ce faisant, nous nous alignons plus
profondément sur le Divin, ce qui rend le voyage de la vie non seulement plus
facile, mais infiniment plus beau.
Avec amour et respect,
Kamlesh
Message du Nouvel An, 1er janvier 2025
