Accueillir l’inconnu, le voyage de la gratitude

Chers amis,

À la fin de sa tournée en Afrique du Sud en 1981, Pujya Babuji Maharaj a donné ce message :

J’apprécie mes associés.

Avancez vers l’Inconnu.

Aimez-Le, Lui qui aime tout.

La destination n’est pas loin.

Le souvenir est l’instrument.

Bénédictions à tous.

8 mars 1981

Dans le vaste spectre de la pensée humaine réside une quête éternelle – la recherche d’un sens, d’un but et d’une destination au-delà de l’horizon visible. Ce voyage n’est pas seulement la traversée d’espaces physiques, mais une exploration intérieure profonde, propulsée par la gratitude, guidée par le souvenir, et orientée vers l’Inconnu. Les mots de Pujya Babuji : « J’apprécie mes associés. Avancez vers l’Inconnu. Aimez-Le, Lui qui aime tout. La destination n’est pas loin. Le souvenir est l’instrument. Bénédictions à tous », agissent comme une boussole essentielle à ce voyage spirituel vers l’infini. Chaque phrase recèle une sagesse intemporelle, invitant ceux qui recherchent l’infini à la réflexion et à l’action.

La gratitude comme base : « J’apprécie mes associés. »

La gratitude ne consiste pas simplement à exprimer poliment ses remerciements ; c’est une pratique qui transforme, remodèle la perception et construit des ponts entre nous. Dans le cadre de ce voyage, la phrase « J’apprécie mes associés » nous rappelle que les vies humaines sont reliées entre elles. Le voyage spirituel ou philosophique d’un individu ne se déroule pas dans l’isolement. Chaque associé, que ce soit un mentor, un ami ou même un adversaire difficile, joue un rôle pour façonner notre chemin. Ce qui me rend reconnaissant, c’est que le grand Maître exprime son appréciation envers nous tous, ses associés !

Des philosophes comme Martin Buber mettent l’accent sur la relation « Je-Tu », dans laquelle chaque interaction avec autrui est une rencontre sacrée. Lorsque nous exprimons notre appréciation, nous élevons nos relations, qui, de simples échanges de type transaction, deviennent des liens profonds, pleins de respect et de reconnaissance de l’autre. Cet acte d’appréciation nous permet de reconnaître le Divin, l’infini chez les autres et montre que l’existence est un réseau d’interconnections. Cette attitude d’appréciation mutuelle embellit la condition que nous connaissons au niveau du chakra Atma, le deuxième chakra du cœur, et en favorise l’expansion.

Dans la vie quotidienne, la gratitude se manifeste en reconnaissant la contribution de ceux qui nous entourent. En appréciant nos associés, nous entretenons des relations qui nous apportent soutien, conseils et inspiration. Cette pratique cultive l’humilité et nous rappelle que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes, mais participons à un voyage collectif. La gratitude favorise également la paix intérieure, diminue le ressentiment et nourrit le contentement, ce qui est essentiel pour progresser vers des objectifs plus élevés, en particulier l’état d’unité entre nous tous, dont nous rêvons tant.

« Avancez vers l’Inconnu. »

L’appel de Babuji à aller de l’avant concerne notre voyage intérieur. En tant que processus ininterrompu, « Aller de l’avant » signifie ne pas s’arrêter, jamais ! La frustration du « Et après ? » ne peut donc pas se produire. Aspirer à un endroit confortable sur le rivage d’où nous partons nous installe dans l’inertie ; c’est pourquoi la Kathopanishad déclare : « Levez-vous, réveillez-vous, ne vous reposez pas tant que le but n’est pas atteint ».

Notre voyage spirituel commence par une impulsion du Maître, qui est doté de la capacité de donner Pranahuti. Un tel voyage ne s’achève jamais, car sa fin reviendrait à imposer des limites à l’infini, enfermer l’infini dans le fini et le dépouiller de son immensité.

Il y a des moments où nous nous sentons parfaitement bien et complètement satisfaits de notre état intérieur. Et d’autres où nous ne nous sentons pas enclins à méditer. Tous les chercheurs sincères comprennent bien les raisons de ce phénomène. Cette dualité entre être satisfait et être insatisfait est l’essence du voyage spirituel. La joie véritable et la danse de la vie n’émanent pas d’un état de satisfaction ou d’insatisfaction complètes, mais de la tension dynamique entre les deux.

La satisfaction est source d’inertie, l’insatisfaction source de lamentations. L’espace intermédiaire, où ni l’une ni l’autre ne sont pleinement réalisées, est celui où la vie circule véritablement et où la joie se manifeste.

La vitalité de la vie réside dans le dynamisme et le mouvement continu vers l’avant. Le Divin lui-même est mouvement ou plutôt, il est l’expansion permanente que nous appelons Brahm. Marcher avec un guide qui ne cesse de nous pousser, directement ou indirectement, c’est reconnaître que le voyage est la destination. Chaque pas devient une expression de gratitude.

La conscience est, elle aussi, un courant et non un point fixe. Elle n’a pas de destination, car qui dit destination dit fin, et la vie est sans fin. À titre de comparaison, la fleur ne s’arrête pas à sa floraison ; elle doit se faner, se transformer et répandre son essence dans d’innombrables autres floraisons.

Regardons la beauté d’une fleur qui se transforme en graines. Les graines ont beau rester dormantes et ressembler à des cailloux, ce ne sont pas des cailloux. Elles contiennent un potentiel immense qui ne demande qu’à jaillir. Même si la graine est en apparence inerte, elle renferme un potentiel de croissance dynamique. Son immobilité n’est pas celle du caillou, mais l’attente du bon moment pour se répandre, fleurir, se diffuser. À l’inverse, le caillou reste inerte, lié par son absence de mouvement. Ainsi, l’attachement à la fixité, qu’elle soit physique, mentale ou émotionnelle, est le piège de l’esprit qui vit dans le monde. La véritable liberté ne consiste pas à abandonner une chose pour une autre, mais à se défaire de l’habitude même de s’accrocher. La véritable essence de la vie est dans le mouvement, dans le devenir, dans le déploiement infini.

L’Inconnu a toujours exercé un charme paradoxal, nous paralysant souvent avec une peur quelconque. Il représente le mystère, le potentiel et l’infini, une destination qui attire mais résiste à la définition. La recommandation « Avancez vers l’Inconnu » est à la fois un défi et une invitation à transcender les frontières familières de la pensée et de l’expérience. Aller vers l’Inconnu demande un véritable courage. Le courage résulte de la clarté de notre objectif et de la foi dans la pratique et dans le Maître. La foi n’est pas une croyance aveugle, mais une profonde confiance dans le processus et dans notre capacité intérieure à atteindre le but.

Avancer vers l’Inconnu suggère aussi un voyage permanent, nager dans l’océan sans rivage. Allons visiter le chef-d’œuvre de Babuji, Vers l’Infini :

« Lorsque nous entrons dans cet état ultime, nous sommes dans un état d’unité. C’est en fait la véritable sphère d’Advaita, bien que si la conscience de celle-ci demeure, c’est que la dualité ne nous a pas encore véritablement abandonnés. Autrement dit, l’état immuable ultime n’est pas encore apparu. En fait, c’est l’endroit où disparaissent les sentiments de dualité et de non-dualité ».

D’un point de vue philosophique, l’Inconnu peut être considéré comme la réalité ultime, souvent décrite en termes spirituels comme le Divin, l’infini et l’illumination. Dans les œuvres de mystiques comme Maître Eckhart, l’Inconnu n’est pas un vide mais une plénitude profonde qui transcende la compréhension humaine. De même, dans les traditions orientales comme l’Advaita Vedānta, l’Inconnu est la réalisation de l’unité du soi avec la réalité absolue. La beauté, c’est lorsque nous transcendons les deux dimensions de dvaita et Advaita.

L’un des plus grands obstacles qui empêchent d’accueillir l’Inconnu est la peur, peur de perdre ce qui nous est familier, peur de l’échec et peur de la dissolution de l’ego. Pour surmonter cette peur, nous cultivons la foi, l’abandon et l’ouverture. Ces qualités nous permettent de voir l’Inconnu non pas comme une menace, mais comme un domaine riche de potentiel et de croissance.

La compréhension du fait que le voyage, en soi, nous transforme est indissociable de l’appel à « avancer vers l’inconnu ». La destination peut demeurer insaisissable, mais chaque pas vers elle nous façonne. Comme l’écrit Rainer Maria Rilke, « sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et efforce-toi d’aimer les questions elles-mêmes ». 

« Aimez-Le, Lui qui aime tout ».

Comment pouvons-nous aimer sans cœur ? Un cœur imprégné d’amour du Divin devient le plus saint des temples sacrés ! Je considère cette citation de Babuji comme l’un des mahavakyas[2] de la philosophie du Sahaj Marg. L’idée d’aimer Celui qui aime tout aligne notre cœur sur les principes universels. Elle nous permet de :

Faire l’expérience de la liberté intérieure : nous ne sommes plus alourdis par le besoin d’approbation ou de réciprocité dans nos relations.

Renforcer le lien spirituel : cet amour approfondit notre lien avec le Divin et renforce notre sentiment d’avoir un but.

Encourager la compassion universelle : en aimant universellement, nous devenons plus compatissants et plus empathiques envers tous, transcendant nos préjugés personnels.

Lorsque nous concentrons notre amour sur une personne qui incarne l’amour universel, qu’il s’agisse du Divin, d’un guide spirituel ou de l’essence de la conscience universelle, cela élève notre amour qui, de personnel et conditionnel, devient vaste et désintéressé. Ce changement crée naturellement une forme de détachement qui n’est pas de l’indifférence mais un état supérieur d’attention et de compassion inconditionnelles.

Dans ce contexte, le détachement ne signifie pas que l’on aime moins les autres ou que l’on se retire des relations. Il signifie au contraire :

Libérer notre amour de l’emprise des attentes et des désirs égoïstes.

Aimer les autres en honorant leur individualité sans s’accrocher à eux ni les contrôler.

Trouver de la joie à donner de l’amour sans avoir besoin qu’on nous le rende de manière particulière.

C’est ce que souligne Heartfulness : l’amour devient plus inclusif, plus pur et enraciné dans un sens plus élevé du but. Lorsque nous dirigeons notre amour vers celui qui aime tout, cela sert d’ancrage à notre moi émotionnel et spirituel.

Aimer une telle entité universelle nous inspire :

L’équanimité : nous sommes moins influencés par les hauts et les bas des relations personnelles, car notre amour est enraciné dans une source immuable.

L’unité : en nous alignant sur celui qui aime tout, nous commençons à voir tous les êtres comme des reflets de cet amour universel. Cela favorise un sentiment d’unité et diminue les attachements nés d’un sentiment de séparation.

La liberté : l’attachement naît souvent de la peur – peur de la perte, du rejet ou de l’impermanence. Aimer universellement permet de transcender ces peurs et nous rend libres d’aimer vraiment.

Nous commençons à aimer les autres en tant qu’expressions de la conscience divine ou universelle. Notre amour devient un canal de l’amour universel qui s’écoule à travers nous. Cette approche nous permet d’aimer profondément tout en restant libre de toute possessivité ou dépendance.

Heartfulness enseigne que le détachement ne signifie pas se désengager de la vie. Il signifie participer pleinement, avec un cœur centré et non pas lié par l’attachement. Grâce à des pratiques comme la méditation et le souvenir, nous développons naturellement cette qualité. Nous apprenons à :

Offrir de l’amour sans rien attendre en retour.

Abandonner les résultats et accueillir la beauté de l’instant présent.

Considérer les relations comme des opportunités de croissance, de réflexion et de service.

« La destination n’est pas loin. »

Alors que l’Inconnu peut sembler infini, l’assurance que la « destination n’est pas loin » suggère que le voyage est plus accessible qu’il semble. Ce paradoxe – un But infini qui est également proche – est un thème récurrent dans les traditions spirituelles et philosophiques.

Dans l’Advaita Vedānta, le moi est déjà un avec l’Absolu ; le voyage ne consiste pas à atteindre un endroit lointain, mais à réaliser une vérité omniprésente. De même, dans Heartfulness et dans d’autres pratiques méditatives, le voyage intérieur révèle que la destination se trouve dans le cœur.

L’assurance que la destination est proche remet également en question notre perception du temps. Le progrès spirituel n’est pas linéaire ; des moments de compréhension et de transformation peuvent survenir d’un seul coup, comme si l’on tournait la tête de droite à gauche, ou comme le concept Zen de Satori, un éveil soudain. Cela nous encourage à rester persévérants et à garder espoir, sachant que chaque instant recèle le potentiel d’une réalisation profonde.

« Le souvenir est l’instrument ».

Le souvenir, qui consiste à garder présente à l’esprit une réalité supérieure, est un outil puissant pour la croissance spirituelle. Dans de nombreuses traditions, le souvenir est à la fois un moyen et une fin, qui nous ancre dans la présence divine tout en nous guidant vers la réalisation ultime. Le But inconnu défie toute compréhension du souvenir par le mental : comment se souvenir de l’Inconnu ? Nous nous contentons donc de l’état auquel nous parvenons à chaque méditation. Apprécier cet état nous permet de mieux apprécier Celui qui donne cette condition, et il devient plus facile de se souvenir de Lui. En restant absorbé dans cet état, nous réaffirmons notre confiance, et c’est ainsi que commence l’amour, par petites touches. Poursuivre dans cette direction nous conduit à un océan d’amour, dans lequel se fond la goutte que nous sommes, et nous arrivons à l’état d’Advaita.

Même lorsque nous prions, il y a une autre Entité que nous à qui nous adressons nos prières. Il y a donc dvaita ou dualité. Lorsque la goutte se fond dans l’océan, comme le décrit le sage Kabir, il y a Advaita ou unité. L’unité est sans aucun doute un état très élevé. Dans le Samadhi, il ne reste aucune notion du soi ou de l’Entité supérieure ; cet état est au-delà de la dualité et de l’unité.

« Soyez tous bénis ».

À la fin du message, Babuji nous bénit tous. Un tel cadeau divin est la chose la plus précieuse que nous recevons pour avancer vers la destination ; il suscite la gratitude et permet à tous les autres aspects de se déployer. Nous sommes tous bénis, car il continue de faciliter notre croissance et notre évolution.

Une vie dynamique et pleine de sens

En conclusion, notre voyage est sans fin, il est décrit par ces mots-clés qui ont des conséquences à la fois intemporelles et infinies. Si ce voyage est plein de mystères qui pointent vers une destination, il révèle également que la véritable valeur réside dans le processus, dans le voyage même. La gratitude approfondit les relations et nous enracine dans le présent. Le courage nous propulse vers l’Inconnu, tandis que le souvenir nous maintient alignés sur le but ultime.

Au fur et à mesure de notre progression, nous découvrirons sûrement que l’Inconnu n’est pas une destination extérieure, mais une réalisation intérieure profonde. Le cœur devient à la fois la boussole et le terrain, nous guidant vers une vérité qui transcende les mots et les concepts.

En fin de compte, le voyage est une danse entre le fini (l’humain) et l’infini, le connu et l’Inconnu, le soi et le Divin. Ces mots simples et profonds nous rappellent qu’avec la gratitude, le souvenir, un cœur courageux et les bénédictions du Maître, le voyage nous aidera toujours à évoluer.

Le voyage peut être joyeux autant qu’éprouvant, alors ne vous arrêtez jamais. Si le Seigneur Krishna a dû déclarer : « Je ne peux rester inactif un seul instant », c’est uniquement pour nous transmettre cette instruction simple pour mener une vie dynamique et pleine de sens.

Avec amour et respect,

Kamlesh

À l’occasion du 152e anniversaire de la naissance de Pujya Lalaji Maharaj.


[1] Publié dans le livre de Babuji Messages universels

[2] Grands dictons

La connexion au Soi

La prière est depuis toujours la réaction naturelle de l’être humain confronté aux situations difficiles de la vie, comme la pauvreté, les épreuves, la maladie, la mort ou les catastrophes. Nous prions traditionnellement une puissance supérieure ou Dieu, pour demander ce dont nous avons besoin et ce que nous désirons.

La prière cultive une attitude d’humilité et d’acceptation et instaure une relation juste avec la Source. Elle peut nous emporter au-delà des mots, jusqu’au plus profond du sacré. Il est naturel d’exposer nos peines dans la prière, mais partageons aussi nos joies. Rester relié à Dieu en permanence dans un état d’humilité et d’abandon, c’est entrer en état de prière. Cet état se transforme en une méditation profonde, dans laquelle nous transcendons la relation pour aller vers une proximité infinie, et même vers l’unité. La prière est l’expression intérieure d’une immense gratitude.

Dans la prière, le mot « Maître » fait référence à Dieu – la Divinité dans le cœur de chacun.

La prière du Sahaj Marg/Heartfulness mérite d’être examinée en profondeur. Elle est extrêmement nuancée et comprend de multiples dimensions. Elle est composée de trois énoncés. Elle ne contient aucune demande. Il serait bon que tous consacrent du temps à essayer de comprendre l’importance et le sens véritable de la prière, en prenant chaque ligne et en réfléchissant à chaque mot. Des dimensions nouvelles s’ouvriront ainsi.

Nous offrons cette prière le soir pendant dix à quinze minutes pour nous relier à la Source, juste avant de nous endormir.

Nous l’offrons également le matin, avant la méditation.

Asseyez-vous confortablement, fermez doucement les yeux et détendez-vous. Répétez lentement et en silence les paroles de la prière ci-dessous. Méditez pendant dix à quinze minutes sur leur véritable signification et sentez les mots résonner dans votre cœur, sans tenter de les analyser. Laissez leur sens surgir de l’intérieur. Essayez de vous perdre dans cette prière. Allez au-delà des mots et laissez-vous gagner par ce que vous ressentez.

Ô Maître !

Tu es le vrai but de la vie humaine.

Nous ne sommes encore qu’esclaves de souhaits qui font obstacle à notre évolution.

Tu es le seul Dieu et le seul pouvoir qui puisse nous élever jusque-là.

Répétez cette prière intérieurement une deuxième fois et approfondissez encore votre ressenti. Laissez-vous absorber dans cette sensation au-delà des mots. Immergez-vous dans cet état de prière méditative au moment de vous endormir.

Le matin, reconnectez-vous à la Source en offrant à nouveau cette prière silencieuse avant de commencer la méditation Heartfulness.

Kamlesh D. Patel (Daaji)

Né le 28 septembre 1956 dans le Gujarat, en Inde, Daaji a manifesté très tôt un intérêt pour la méditation et la spiritualité. Il a commencé à pratiquer la méditation Sahaj Marg à l’âge de dix-neuf ans, pendant ses études de pharmacie. Peu après, il a rencontré son guru, Babuji. Après avoir obtenu son diplôme avec mention au L.M. College of Pharmacy d’Ahmedabad, Daaji s’est marié et installé à New York où il a développé une entreprise pharmaceutique prospère, tout en élevant ses deux fils avec son épouse. Dans le même temps, Daaji a continué de se consacrer pleinement à la spiritualité auprès de son Maître Chariji, successeur de Babuji. Au fil des ans, Daaji a joué un rôle de plus en plus actif au sein de la Mission, tant sur le plan organisationnel, qu’en diffusant le message du Sahaj Marg et en enseignant sa méthode. En 2011, il a été désigné par Chariji comme son successeur spirituel.

En tant que fondateur du mouvement Heartfulness, Daaji remplit désormais les nombreuses fonctions d’un guru des temps modernes, voyageant beaucoup et apportant son soutien aux chercheurs du monde entier. Il est fermement convaincu qu’il faut nourrir la jeunesse d’aujourd’hui avec des outils pratiques d’autogestion et des valeurs universelles. Sous sa direction, les étudiants et enseignants de plus de 2500 écoles, universités et collèges bénéficient d’un vaste choix de programmes de développement personnel fondés sur des valeurs universelles.

Daaji consacre une grande partie de son temps et de son énergie à ses recherches personnelles dans le domaine de la spiritualité et de la conscience, et partage régulièrement ses découvertes lors de conférences publiques, sur son site web et différents médias sociaux. Ses articles paraissent dans différentes publications, comme le Huffington Post, le Chicago Tribune, le Times of India et le Business Standard. Dil Ki Awaaz, série en douze épisodes, diffusée sur Radio City Smaran, a reçu un très bon accueil du public en Inde et au-delà.

Daaji prône le rapprochement entre les traditions anciennes et la science moderne. Considérant qu’il convient d’aborder la spiritualité avec une approche scientifique, il a réuni une équipe de cent scientifiques pour étudier les effets physiologiques et génétiques de la méditation et de la transmission yogique. Comme il le dit volontiers, « Vous êtes l’expérimentateur, l’expérience et aussi son résultat. »

Daaji souhaite que la méditation Heartfulness puisse être connue de tous les foyers du monde. Sous son impulsion, des formations gratuites à la méditation sont désormais proposées dans des milliers de Heartspots et centres de retraite dans plus de 160 pays. Les formateurs Heartfulness sont disponibles bénévolement dans le monde entier pour des méditations individuelles et de groupe, en présence ou à distance, ou encore via l’application Heartfulness pour iPhone et Android (en anglais pour l’instant).

Lien de téléchargement

Pour en savoir plus sur Daaji, visitez le site www.daaji.fr

“À mesure que nous nous élevons, notre besoin d’être reconnu diminue de plus en plus jusqu’à ce que nous devenions un avec l’infini, nous dissolvant dans l’infini et devenant l’infini. Ainsi, il y a dans le monde matériel l’épanouissement de l’égo, tandis que dans le monde spirituel il y a la totale dissolution de l’ego personnel. Ceci est la beauté du chemin spirituel. »

Daaji

Parthasarathi Rajagopalachari (Chariji)

Shri Parthasarathi Rajagopalachari, appelé affectueusement Chariji, est né le 24 juillet 1927 à Vayalur (près de Chennai), dans le sud de l’Inde. Aîné de quatre enfants, il perdit sa mère à l’âge de cinq ans, peu après la naissance de sa petite sœur qui décéda à son tour peu de temps après. Son père, Shri C.A. Rajagopalachari était cadre dans les chemins de fer, il éleva Parthasarathi et ses deux jeunes frères avec beaucoup de soin. La perte de sa mère allait cependant laisser en Parthasarathi un vide profond qui l’accompagna jusqu’à l’âge adulte.

Après une licence en sciences à l’Université hindoue de Bénarès, il occupa un premier emploi dans le domaine de l’ingénierie chimique, puis passa deux ans en Yougoslavie afin d’étudier les techniques de fabrication des plastiques.

Il épousa Sulochana en 1955 et rejoignit la même année le groupe T. T. Krishnamachari, accédant rapidement au poste de directeur exécutif d’une des sociétés du groupe. Son travail l’amena à voyager beaucoup en Inde et à l’étranger, voyages internationaux qui se poursuivirent toute sa vie, tant pour raisons professionnelles que dans son rôle de guide du Sahaj Marg.

Les aspirations spirituelles de Chariji s’éveillèrent à l’âge de dix-huit ans après qu’il eut assisté à une conférence sur la Bhagavad Gita. Il commença alors à étudier en profondeur les textes religieux et spirituels de différentes traditions, notamment le christianisme. Sept ans plus tard, en 1964, Chariji rencontra Babuji et commença la pratique du Sahaj Marg. Dès sa première rencontre avec Babuji, comme il l’a écrit dans son livre, Mon Maître, « J’ai su immédiatement et intuitivement que j’avais trouvé la personne qui, seule, pouvait être mon Maître et me conduire à mon but. »

Tout en continuant à assumer ses responsabilités familiales et professionnelles, Chariji est resté assidu dans sa pratique spirituelle et fervent dans sa dévotion envers Babuji. Il l’a assisté avec compétence dans son travail spirituel et a apporté une contribution substantielle à l’essor de la Mission.

La venue en Inde d’Européens attirés par les enseignements de Babuji a conduit celui-ci à effectuer, dès 1972, une série de voyages en Europe et en Amérique du Nord, accompagné de Chariji. Une relation de complicité et d’amour profond s’est développée entre eux à cette occasion.

Ces voyages ont semé les graines du développement du Sahaj Marg dans le monde.

Au décès de son maître en 1983, Chariji s’est consacré à la poursuite du travail de Babuji et à l’avancement de sa vision de l’humanité. Sous sa conduite, l’organisation mise en place par Babuji a prospéré en Inde et dans plus de cent autres pays. Au moment du décès de Chariji, la Mission, qui comptait 5000 membres à l’époque de Babuji, en totalisait 500 000.

Brillant orateur, Chariji était aussi doté d’une capacité de travail apparemment illimitée. Il était connu pour sa grande disponibilité. Des dizaines de milliers de personnes peuvent d’ailleurs témoigner de rencontres avec lui, qui ont transformé leur vie.

Il a écrit et publié plus d’une centaine de livres. Mon Maître, un hommage à son bien-aimé Babuji, a été traduit en 20 langues.

En raison d’une santé devenue fragile, Chariji a désigné, dès 2010, Kamlesh D. Patel comme vice-président de la Mission et son successeur. Ces nouvelles ont été annoncées publiquement, afin de leur assurer une large diffusion et de faciliter la prise de fonctions de Kamlesh. Dès lors, et jusqu’au décès de Chariji, le 20 décembre 2014, ils ne se sont quasiment jamais quittés.

« Tournez-vous vers l’intérieur. Toute la connaissance, tous les pouvoirs, tout est à l’intérieur. Votre destinée est à l’intérieur, votre avenir est à l’intérieur, et l’ultime est à l’intérieur ».

Ram Chandra de Shahjahanpur (Babuji)

Babuji naquit le 30 avril 1899 dans la ville de Shahjahanpur (Uttar Pradesh), dans le nord de l’Inde. Dès son plus jeune âge, il manifesta un désir de réalisation spirituelle qui éclipsait tout autre intérêt.

Il occupa pendant plus de trente ans le poste de greffier au tribunal de district de Shahjahanpur. Il se maria à l’âge de dix-neuf ans, et sa femme, Bhagwati, lui donna deux filles et quatre fils avant de décéder en 1949.

En juin 1922, à l’âge de vingt-deux ans, il rencontra Lalaji, qui reconnut en lui son successeur, tel qu’il lui était apparu en rêve des années auparavant.

Ils ne se rencontrèrent que rarement du vivant de Lalaji, qui devint pourtant le centre et le seul but de l’existence de Babuji.

Babuji considérait que l’évolution de la conscience est un droit de naissance et qu’elle devrait être offerte gratuitement aux chercheurs sincères du monde entier. Convaincu que le vrai guru est le serviteur ultime, il vécut sa vie au service de tous, sans distinction de caste, de croyance, de religion, de sexe ou de nationalité. Il enseignait que la vie matérielle et la vie spirituelle sont comme les deux ailes d’un oiseau et que la vie de famille est le meilleur environnement pour apprendre les vertus jumelles de l’amour et du sacrifice. Il simplifia et perfectionna le système du Raja Yoga en conséquence, afin que chacun puisse le pratiquer et en bénéficier.

Il conseillait à ses disciples de ne pas se laisser décourager par leurs défauts et leurs imperfections, mais d’abandonner leurs erreurs en prenant la résolution de ne plus les répéter. Il leur rappelait que c’est dans le présent que nous développons notre caractère et créons ainsi un avenir plus radieux.

Babuji, qui était la plus humble des personnes, avait une foi immense en son guru. Il était convaincu que les chercheurs de toutes cultures et de toutes nationalités adopteraient les pratiques simples et efficaces qu’il proposait. En 1972, il introduisit le Sahaj Marg en Europe et en Amérique du Nord, accompagné de son disciple dévoué et Secrétaire général de la Mission, Shri Parthasarathi Rajagopalachari. Babuji le choisit pour lui succéder en tant que troisième guru de la tradition Heartfulness.

« La fin de la religion est le début de la spiritualité. La fin de la spiritualité est le début de la Réalité et la fin de la Réalité est la véritable Béatitude. Quand cela aussi est parti, nous avons atteint notre destination »

Babuji

Ram Chandra de Fatehgarh (Lalaji)

Né dans une riche famille de propriétaires terriens, Lalaji développa très tôt, sous l’influence de sa mère qui était très pieuse, une grande aspiration pour Dieu. Elle décéda alors qu’il n’avait que sept ans, laissant en lui l’empreinte de sa foi intense. Éduqué dans un premier temps par un précepteur, il passa huit ans à l’école de la Mission à Farrukhabad où il découvrit le christianisme. Il fut impressionné par les paroles de Jésus-Christ : « Il est possible de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille, mais impossible à un homme riche d’atteindre la demeure de Dieu. »

Suite à la spoliation des biens de la famille, Lalaji connut la pauvreté, mais accepta de bonne grâce ces revers de fortune, son but dans la vie étant de nature spirituelle.

Il s’associa à un saint soufi de l’Ordre des Naqshbandi, Moulvi Fazl Ahmed Khan Saheb, également appelé Huzur Maharaj. Celui-ci avait une approche très ouverte du soufisme, dont il dispensait les enseignements à tous, sans distinction de caste et de croyance. Il accueillait des personnes de toutes classes sociales et de toutes religions, hindous, musulmans et chrétiens. Il déclarait que les religions sont nombreuses, mais que leur essence est unique, c’est-à-dire acquérir la spiritualité.

Lalaji fit siens ces principes que l’on retrouve dans la philosophie du Sahaj Marg.

Lalaji considérait que la vie de famille était le cadre le plus favorable au développement personnel et qu’il était possible d’évoluer jusqu’au plus haut niveau spirituel tout en accomplissant ses obligations dans le monde. Poursuivant un tel but pour lui-même, Lalaji offrait de former les autres spirituellement, afin que tous, sans exception, puissent réaliser les aspirations les plus hautes, qui étaient réservées autrefois aux ermites et aux ascètes.

Sa réputation se répandit rapidement et beaucoup vinrent chercher réconfort et conseils spirituels auprès de lui. Grâce au travail qu’il a accompli, Heartfulness est aujourd’hui en mesure d’offrir une pratique simple et efficace à tous les chercheurs intéressés par la spiritualité.

“Le bonheur n’est nulle part à l’extérieur. On le trouve en fixant notre attention, dans une disposition calme et dans le retrait de notre mental. Ceux qui connaissent ce secret ne recherchent pas le bonheur à l’extérieur. Derrière la goutte s’étend la mer, la mer soutient la goutte. Faire que la goutte réalise l’océan, c’est toute la Réalité. »
Lalaji

La relaxation

 

La méthode de relaxation consiste en une série de suggestions qui nous aident à nous détendre. Il est conseillé de la pratiquer juste avant la méditation, et nous pouvons aussi y recourir chaque fois que nous en ressentons le besoin.

Éteignez votre portable et faites en sorte de ne pas être dérangé.

  • Asseyez-vous confortablement et fermez tranquillement les yeux
  • Pour commencer, remuez doucement les orteils et sentez qu’ils se détendent
  • Détendez vos chevilles et vos pieds. Sentez que l’énergie apaisante et bienfaisante de la Terre-Mère pénètre dans la plante de vos pieds, détend vos mollets et remonte jusqu’à vos genoux
  • Sentez l’énergie monter le long de vos jambes et les détendre jusqu’aux cuisses
  • Portez à présent votre attention sur vos hanches, votre bassin et votre taille et sentez qu’ils se détendent
  • L’énergie remonte maintenant le long de votre dos et le détend jusqu’en haut
  • Détendez ensuite votre poitrine… vos épaules… et sentez qu’elles fondent
  • Détendez vos bras jusqu’aux coudes… chaque muscle de vos avant-bras… puis vos mains… jusqu’au bout des doigts
  • Portez votre attention sur les muscles de votre cou et détendez-les. Remontez ensuite vers le visage. Détendez la mâchoire… la bouche… le nez… les yeux… les paupières… le lobe des oreilles… les muscles du visage… le front… jusqu’au sommet de la tête
  • Sentez à présent que tout votre corps est profondément détendu. Parcourez-le de la tête aux pieds et si vous ressentez encore une tension, une douleur ou une gêne dans une partie du corps, immergez-la un moment encore dans l’énergie apaisante de la Terre-Mère
  • Amenez doucement votre attention vers le cœur. Restez-y tranquillement… sentez-vous immergé dans l’amour et la lumière déjà présents dans votre cœur
  • Absorbez-vous lentement en vous-même.

Restez absorbé aussi longtemps que vous le souhaitez, jusqu’à ce que vous vous sentiez prêt à émerger.