Les yogas sutras à la lumière de Heartfulness

Le Yoga authentique de P.Y. Deshpande est l’un des ouvrages les plus purs et les plus inspirants jamais écrits sur les Yoga Sutras de Patanjali ; s’il en est ainsi, c’est qu’il a été écrit dans l’esprit original du yoga, c’est-à-dire que l’auteur consigne ce qu’il a découvert par la perception directe, qu’il appelle « vision pure ». Il ne s’est appuyé sur aucune explication des sutras par d’autres auteurs, mais seulement sur la sagesse qu’a fait jaillir en lui cette vision pure.

Dans sa Philosophie du Sahaj Marg, Shri Ram Chandra de Shahjahanpur, que beaucoup appellent Babuji, dit que cette vision pure est la marque de la véritable philosophie.

« La philosophie est un sujet qui ne se fonde pas sur la raison, mais sur l’intuition. Elle ne part pas du « doute » comme le soutiennent la plupart des philosophes occidentaux, mais de l’« émerveillement ». Les philosophes, surtout les philosophes occidentaux, se sont essayés à la philosophie avant de s’engager réellement dans une pratique vécue. Je n’affirmerais pas avec certitude qu’un philosophe ne peut pas être corrompu ou dégénéré́ du fait qu’il est un philosophe. Mais si ses recherches reposent sur une pratique vécue, toute possibilité de corruption est exclue.

« Les sages de l’Inde ont généralement abordé la philosophie en commençant par l’expérience pratique. Ils ont mis au jour, autant que le leur permettait leur niveau d’évolution, les secrets de ce qui existe. Ainsi sont nées les six écoles de philosophie avec leurs différentes colorations. Nous ne devrions essayer d’exprimer les choses qu’après avoir mené à son terme la pratique ou abhyas. Le philosophe doit retenir ce point essentiel s’il veut parvenir à l’exactitude. »

C’est précisément ce qu’a fait P.Y. Deshpande, d’où l’originalité et la créativité de ses découvertes, qui font écho au véritable esprit du yoga. Les sutras sont toujours présentés sous forme de graines, qui offrent aux pratiquants l’essence des concepts afin qu’ils puissent en faire l’expérience par eux-mêmes. Pour reprendre les mots de P.Y. : « Un sutra, disent les sages de l’Antiquité, est ce moyen de communication qui consiste à condenser une vérité de portée universelle dans le moins de mots possible, avec une clarté pure comme le cristal, que les ravages du temps ne peuvent pas ternir. »

Cette approche pratique visant à élucider les sutras par la méditation suppose une expérience et une perception directes, de sorte que la véritable signification des sutras se révèle grâce à une vision pure. Cela a des conséquences d’une grande portée, que P.Y. exprime en ces termes : « La voie de la conscience de Dieu exposée dans ces sutras transcende toutes les conceptions de Dieu répandues en Orient ou en Occident. »

Il n’existe ni croyance ni dogme dans l’approche yogique de l’existence. Le yoga est une science de premier ordre et il est plus authentique que la science moderne fondée sur la déduction, car il ne s’appuie pas sur des données sensorielles et dépasse les conditionnements du mental, et donc la subjectivité, pour nous emmener au-delà, dans le domaine de la perception à l’état pur. En fait, on pourrait dire que le yoga, pratiqué par un yogi d’envergure, est la seule science objective que l’humanité ait connue depuis l’Antiquité jusqu’à ce jour. En ce sens la psychologie yogique de Patanjali est, encore aujourd’hui, la seule authentique psychologie. Je suis convaincu du fait que la psychologie moderne restera incomplète tant qu’elle n’intégrera pas ces sutras.

Pour citer Margaret Noble, appelée également sœur Nivedita, qui était disciple de Swami Vivekananda, « l’Inde est incontestablement le terrain propice à la compréhension de la psychologie … l’étude de la psychologie y est organisée comme une science depuis les temps les plus anciens. Bien avant que l’on ne soupçonne la valeur de l’écriture (pour consigner les connaissances), l’enregistrement silencieux des phénomènes de la conscience collective avait commencé, avec l’échange d’idées et d’observations. Des millénaires avant que la portée des instruments et des laboratoires sur la recherche scientifique en général ne soit prise en compte, l’ère de l’expérimentation était pleinement développée chez les Indiens dans le domaine de la plus caractéristique de leurs sciences. »

Par cette approche des Yoga Sutras, P.Y. nous emmène au-delà des croyances de la religion et de la science moderne. La lecture de ce commentaire n’exige aucune connaissance préalable ; P.Y. nous montre que les sutras s’adressent à tous, indépendamment de toute croyance ou absence de croyance. Leur application est universelle, car ils ne sont associés à aucune culture ou philosophie. La vision pénétrante de P.Y. sur les concepts que le sage Patanjali tente de transmettre sous forme de graines nous fait ressentir, à la lecture de ses commentaires et de ses notes, l’intention originale des sutras.

L’évolution de certaines pratiques yogiques offerte par Heartfulness est unique pour faciliter les expériences décrites par P.Y. et pour compléter et enrichir ses recherches. Les pratiques Heartfulness sont apparues au début du 20e siècle grâce aux recherches originales de Babuji et de son Maître, Lalaji.

La première de ces pratiques s’appelle méditation avec pranahuti ou transmission yogique. La méditation est basée sur le cœur, et c’est la transmission qui la rend unique. Le mot pranahuti est composé de deux parties, prana et ahuti. Prana est la force vitale, l’essence de l’existence. Ahuti signifie offrande. Ainsi, pendant la transmission, la forme la plus subtile du prana est offerte au chercheur par un yogi de qualité qui est connecté à la Source infinie. Le yogi a la capacité de puiser dans la Source infinie et peut ainsi transmettre sans jamais l’épuiser. La Source est également l’essence de l’amour pur, de sorte qu’une autre définition de la transmission est celle-ci : une offrande d’amour pur que le cœur du yogi transmet au cœur du chercheur. Et pourtant, même ces descriptions sont encore trop lourdes, car la transmission émane de la Source infinie, la rien-té absolue où il n’existe même pas de vibration. C’est l’essence absolue de la rien-té. C’est indescriptible.

Bien qu’il soit impossible de décrire la transmission, son effet sur le système humain est exceptionnel. Elle est généralement donnée au chercheur par un yogi d’envergure dans le cadre d’une méditation Heartfulness, même si elle est disponible partout en permanence. L’analogie avec la lumière du soleil est évocatrice. Nous savons que la lumière du soleil nous entoure, réchauffant l’atmosphère et permettant à la vie de s’épanouir. Sans elle, la vie sur Terre telle que nous la connaissons n’existerait pas. Lorsque nous prenons une loupe et concentrons les rayons du soleil sur un objet particulier, nous réalisons la puissance de l’énergie solaire. Sous forme concentrée, l’intensité de la lumière du soleil est amplifiée. Ainsi, bien que la transmission soit disponible gratuitement partout en permanence, un yogi d’envergure peut se concentrer sur l’essence du prana le plus subtil et le transmettre depuis son cœur au cœur du chercheur, ce qui ouvre des possibilités infinies et facilite le processus de « vision pure » décrit par P.Y. dans son commentaire. 

P.Y. écrit également au sujet de la nécessité d’éliminer les samskaras, les impressions des expériences passées qui conditionnent le mental. La transmission nous aide à nous libérer des chaînes de ces impressions que nous transportons d’une vie à l’autre. Il ne s’agit pas d’éliminer un élément physique. C’est plutôt comme les plis d’un vêtement qu’il faut repasser ; ce sont les plis des samskaras qui créent des ondulations dans le mental et la transmission les repasse en quelque sorte. On pourrait ajouter : « de façon magique ». Cela ne peut s’exprimer par des mots, et pourtant l’expérience montre que la transmission pénètre jusqu’aux racines même des samskaras et les élimine. Parfois, elle les laisse se dissoudre ou s’évaporer complètement, de manière à ramener à zéro les vibrations qui ont permis de fixer les impressions. L’élimination de cette accumulation de vrittis est précisément ce qui donne au chercheur une perception plus claire. C’est pour cette raison que la pratique de Heartfulness répond pleinement aux exigences du Sutra 1-2, Yogaścittavrttinirodha et nous apporte bien plus encore.

Lorsqu’un pratiquant de Heartfulness pense à la transmission, celle-ci commence à s’écouler. Il la reçoit instantanément, où qu’il soit, car la transmission ne dépend pas des lois physiques. Même la lumière ne peut pas voyager instantanément ! Si nous substituons la vitesse intemporelle à la vitesse de la lumière dans la formule E=mc2 d’Einstein, cela produit une énergie illimitée, dont la source est également illimitée. C’est cela la transmission.

L’autre principe scientifique qui nous aide à comprendre l’effet de la transmission est l’entropie. L’entropie est la mesure du désordre dans un système. Pour que le niveau d’entropie soit bas, l’intervention d’un élément stabilisateur est nécessaire pour empêcher que le système se désintègre. Si notre attention est tournée vers l’extérieur, notre système est instable et entropique, alors que si elle est attirée vers l’intérieur, vers notre centre, il se stabilise. La transmission attire naturellement notre attention vers l’intérieur, de sorte que notre système devient extrêmement stable, ce qui provoque la diminution progressive de l’entropie. Et quel est notre centre ? C’est « celui qui voit », selon les mots de P.Y., qui est distinct de « ce qui est vu », et ce que nous éprouvons en Samadhi, le huitième membre de l’Ashtanga Yoga. L’effet que produit sur nous la transmission est la détente et le calme du mental (sthit), l’équilibre émotionnel et le silence. Lorsque nous parvenons à l’état de chit le plus subtil, tous les problèmes sont résolus. En atteignant l’état de samadhi, on résout donc réellement le problème éternel de la vie. Nous réalisons que les réponses à toutes sortes de complexités ne se trouvent pas dans les livres, mais dans cet état pur de chit, le samadhi.

Dès qu’un pratiquant reçoit sa première transmission, son âme est nourrie et il y a de la fraîcheur dans sa vie, comme celle dont bénéficie un arbre après les premières pluies de mousson. Cette nourriture soutient l’expérience du yoga tout entière, comme la décrit P.Y. dans ce commentaire. Lorsque nous sommes incapables de réguler notre mental et de pénétrer les différentes couches de chit, la transmission agit alors comme une canne ou une béquille pour soutenir notre conscience, afin qu’elle puisse se tourner vers l’intérieur et s’étendre vers d’autres dimensions. Elle nous aide à transcender un niveau de chit pour passer au suivant, à nous élever vers la supraconscience et à plonger dans les profondeurs subconscientes du mental. C’est son rôle principal.

Nous recevons la transmission lors de la toute première séance de méditation Heartfulness avec un formateur, et une fois que nous percevons la différence entre méditer avec et sans transmission, nous reconnaissons le soutien que nous offre la transmission dans ce voyage du yoga.

Pour intensifier l’élimination des samskaras du mental, Lalaji et Babuji ont créé conjointement une deuxième pratique appelée cleaning (nettoyage), que l’on fait à la fin de la journée. Ils ont découvert que si la méditation seule est efficace, elle l’est encore plus avec le soutien de cette pratique complémentaire, qui accélère l’élimination des impressions passées à un rythme tel que cela a révolutionné le yoga. Le nettoyage purifie la conscience (chit) en éliminant les samskaras, permettant ainsi au chercheur de transcender les conditionnements du mental pour pénétrer dans le royaume de la perception pure de la Réalité, que P.Y. appelle la vision pure. En plus de la pratique quotidienne du nettoyage, le chercheur prend également des séances régulières de méditation avec un formateur certifié Heartfulness, qui effectue un nettoyage intensif, ce qui permet d’éliminer les impressions de plusieurs vies en une seule séance si le chercheur est prêt à les laisser partir.  

La troisième pratique Heartfulness, la prière, nous aide à créer dans le cœur un vide semblable à nirodha, l’état de néant décrit dans les Yoga Sutras. Grâce à elle, nous nous connectons à la Source, au paravairagya des sutras, au-delà de l’existence temporelle et jusqu’aux états les plus subtils du samadhi. Comme le disent les sutras, abhyas et vairagya sont les moyens conduisant au yoga, et ces pratiques Heartfulness nous apportent les deux, naturellement et sans effort, car vairagya n’est pas une pratique mais un résultat des abhyas.

En outre, Babuji nous a donné les dix Maximes, dix directives universelles sur le mode de vie, qui répondent aux besoins des cinq premiers membres de l’Ashtanga Yoga de Patanjali – Yama, Niyama, Asana, Pranayama et Pratyahara – dans la vie quotidienne. Ces directives simples permettent de vivre naturellement les cinq premiers membres comme une manifestation extérieure des changements intérieurs apportés par les trois dernières pratiques de l’Ashtanga Yoga – Dharana, Dhyana et Samadhi. Dans son commentaire sur les dix Maximes, Babuji établit un lien entre le monde intérieur, que nous maîtrisons grâce au Sanyama, et sa manifestation extérieure par l’intermédiaire des pratiques externes de Yama, Niyama, Asana, Pranayama et Pratyahara.

Les pratiques Heartfulness offrent des possibilités nouvelles pour comprendre et expérimenter les principes énoncés dans les Yoga Sutras. De même que P.Y. Deshpande évoque l’existence d’un Yoga Darshana, nous pouvons également, grâce à la vision des Maîtres de Heartfulness, proposer un Yoga Darshana amélioré, basé sur ces pratiques révolutionnaires offertes à l’humanité au cours du 20e siècle et facilement accessibles aujourd’hui aux chercheurs du monde entier. Très peu d’entre nous ont cet esprit brillant, cette mentalité de chercheur et cette perception directe que nous admirons tant chez P.Y. Deshpande, Babuji et Patanjali. Mais avec le soutien des pratiques Heartfulness, que sont la méditation avec transmission, le nettoyage, la prière et les dix Maximes, beaucoup feront l’expérience des états décrits dans les Yoga Sutras de Patanjali, qui sont si magnifiquement expliqués par P.Y. Deshpande dans ce superbe commentaire.

La connexion au Soi

La prière est depuis toujours la réaction naturelle de l’être humain confronté aux situations difficiles de la vie, comme la pauvreté, les épreuves, la maladie, la mort ou les catastrophes. Nous prions traditionnellement une puissance supérieure ou Dieu, pour demander ce dont nous avons besoin et ce que nous désirons.

La prière cultive une attitude d’humilité et d’acceptation et instaure une relation juste avec la Source. Elle peut nous emporter au-delà des mots, jusqu’au plus profond du sacré. Il est naturel d’exposer nos peines dans la prière, mais partageons aussi nos joies. Rester relié à Dieu en permanence dans un état d’humilité et d’abandon, c’est entrer en état de prière. Cet état se transforme en une méditation profonde, dans laquelle nous transcendons la relation pour aller vers une proximité infinie, et même vers l’unité. La prière est l’expression intérieure d’une immense gratitude.

Dans la prière, le mot « Maître » fait référence à Dieu – la Divinité dans le cœur de chacun.

La prière du Sahaj Marg/Heartfulness mérite d’être examinée en profondeur. Elle est extrêmement nuancée et comprend de multiples dimensions. Elle est composée de trois énoncés. Elle ne contient aucune demande. Il serait bon que tous consacrent du temps à essayer de comprendre l’importance et le sens véritable de la prière, en prenant chaque ligne et en réfléchissant à chaque mot. Des dimensions nouvelles s’ouvriront ainsi.

Nous offrons cette prière le soir pendant dix à quinze minutes pour nous relier à la Source, juste avant de nous endormir.

Nous l’offrons également le matin, avant la méditation.

Asseyez-vous confortablement, fermez doucement les yeux et détendez-vous. Répétez lentement et en silence les paroles de la prière ci-dessous. Méditez pendant dix à quinze minutes sur leur véritable signification et sentez les mots résonner dans votre cœur, sans tenter de les analyser. Laissez leur sens surgir de l’intérieur. Essayez de vous perdre dans cette prière. Allez au-delà des mots et laissez-vous gagner par ce que vous ressentez.

Ô Maître !

Tu es le vrai but de la vie humaine.

Nous ne sommes encore qu’esclaves de souhaits qui font obstacle à notre évolution.

Tu es le seul Dieu et le seul pouvoir qui puisse nous élever jusque-là.

Répétez cette prière intérieurement une deuxième fois et approfondissez encore votre ressenti. Laissez-vous absorber dans cette sensation au-delà des mots. Immergez-vous dans cet état de prière méditative au moment de vous endormir.

Le matin, reconnectez-vous à la Source en offrant à nouveau cette prière silencieuse avant de commencer la méditation Heartfulness.

Kamlesh D. Patel (Daaji)

Né le 28 septembre 1956 dans le Gujarat, en Inde, Daaji a manifesté très tôt un intérêt pour la méditation et la spiritualité. Il a commencé à pratiquer la méditation Sahaj Marg à l’âge de dix-neuf ans, pendant ses études de pharmacie. Peu après, il a rencontré son guru, Babuji. Après avoir obtenu son diplôme avec mention au L.M. College of Pharmacy d’Ahmedabad, Daaji s’est marié et installé à New York où il a développé une entreprise pharmaceutique prospère, tout en élevant ses deux fils avec son épouse. Dans le même temps, Daaji a continué de se consacrer pleinement à la spiritualité auprès de son Maître Chariji, successeur de Babuji. Au fil des ans, Daaji a joué un rôle de plus en plus actif au sein de la Mission, tant sur le plan organisationnel, qu’en diffusant le message du Sahaj Marg et en enseignant sa méthode. En 2011, il a été désigné par Chariji comme son successeur spirituel.

En tant que fondateur du mouvement Heartfulness, Daaji remplit désormais les nombreuses fonctions d’un guru des temps modernes, voyageant beaucoup et apportant son soutien aux chercheurs du monde entier. Il est fermement convaincu qu’il faut nourrir la jeunesse d’aujourd’hui avec des outils pratiques d’autogestion et des valeurs universelles. Sous sa direction, les étudiants et enseignants de plus de 2500 écoles, universités et collèges bénéficient d’un vaste choix de programmes de développement personnel fondés sur des valeurs universelles.

Daaji consacre une grande partie de son temps et de son énergie à ses recherches personnelles dans le domaine de la spiritualité et de la conscience, et partage régulièrement ses découvertes lors de conférences publiques, sur son site web et différents médias sociaux. Ses articles paraissent dans différentes publications, comme le Huffington Post, le Chicago Tribune, le Times of India et le Business Standard. Dil Ki Awaaz, série en douze épisodes, diffusée sur Radio City Smaran, a reçu un très bon accueil du public en Inde et au-delà.

Daaji prône le rapprochement entre les traditions anciennes et la science moderne. Considérant qu’il convient d’aborder la spiritualité avec une approche scientifique, il a réuni une équipe de cent scientifiques pour étudier les effets physiologiques et génétiques de la méditation et de la transmission yogique. Comme il le dit volontiers, « Vous êtes l’expérimentateur, l’expérience et aussi son résultat. »

Daaji souhaite que la méditation Heartfulness puisse être connue de tous les foyers du monde. Sous son impulsion, des formations gratuites à la méditation sont désormais proposées dans des milliers de Heartspots et centres de retraite dans plus de 160 pays. Les formateurs Heartfulness sont disponibles bénévolement dans le monde entier pour des méditations individuelles et de groupe, en présence ou à distance, ou encore via l’application Heartfulness pour iPhone et Android (en anglais pour l’instant).

Lien de téléchargement

Pour en savoir plus sur Daaji, visitez le site www.daaji.fr

“À mesure que nous nous élevons, notre besoin d’être reconnu diminue de plus en plus jusqu’à ce que nous devenions un avec l’infini, nous dissolvant dans l’infini et devenant l’infini. Ainsi, il y a dans le monde matériel l’épanouissement de l’égo, tandis que dans le monde spirituel il y a la totale dissolution de l’ego personnel. Ceci est la beauté du chemin spirituel. »

Daaji

Parthasarathi Rajagopalachari (Chariji)

Shri Parthasarathi Rajagopalachari, appelé affectueusement Chariji, est né le 24 juillet 1927 à Vayalur (près de Chennai), dans le sud de l’Inde. Aîné de quatre enfants, il perdit sa mère à l’âge de cinq ans, peu après la naissance de sa petite sœur qui décéda à son tour peu de temps après. Son père, Shri C.A. Rajagopalachari était cadre dans les chemins de fer, il éleva Parthasarathi et ses deux jeunes frères avec beaucoup de soin. La perte de sa mère allait cependant laisser en Parthasarathi un vide profond qui l’accompagna jusqu’à l’âge adulte.

Après une licence en sciences à l’Université hindoue de Bénarès, il occupa un premier emploi dans le domaine de l’ingénierie chimique, puis passa deux ans en Yougoslavie afin d’étudier les techniques de fabrication des plastiques.

Il épousa Sulochana en 1955 et rejoignit la même année le groupe T. T. Krishnamachari, accédant rapidement au poste de directeur exécutif d’une des sociétés du groupe. Son travail l’amena à voyager beaucoup en Inde et à l’étranger, voyages internationaux qui se poursuivirent toute sa vie, tant pour raisons professionnelles que dans son rôle de guide du Sahaj Marg.

Les aspirations spirituelles de Chariji s’éveillèrent à l’âge de dix-huit ans après qu’il eut assisté à une conférence sur la Bhagavad Gita. Il commença alors à étudier en profondeur les textes religieux et spirituels de différentes traditions, notamment le christianisme. Sept ans plus tard, en 1964, Chariji rencontra Babuji et commença la pratique du Sahaj Marg. Dès sa première rencontre avec Babuji, comme il l’a écrit dans son livre, Mon Maître, « J’ai su immédiatement et intuitivement que j’avais trouvé la personne qui, seule, pouvait être mon Maître et me conduire à mon but. »

Tout en continuant à assumer ses responsabilités familiales et professionnelles, Chariji est resté assidu dans sa pratique spirituelle et fervent dans sa dévotion envers Babuji. Il l’a assisté avec compétence dans son travail spirituel et a apporté une contribution substantielle à l’essor de la Mission.

La venue en Inde d’Européens attirés par les enseignements de Babuji a conduit celui-ci à effectuer, dès 1972, une série de voyages en Europe et en Amérique du Nord, accompagné de Chariji. Une relation de complicité et d’amour profond s’est développée entre eux à cette occasion.

Ces voyages ont semé les graines du développement du Sahaj Marg dans le monde.

Au décès de son maître en 1983, Chariji s’est consacré à la poursuite du travail de Babuji et à l’avancement de sa vision de l’humanité. Sous sa conduite, l’organisation mise en place par Babuji a prospéré en Inde et dans plus de cent autres pays. Au moment du décès de Chariji, la Mission, qui comptait 5000 membres à l’époque de Babuji, en totalisait 500 000.

Brillant orateur, Chariji était aussi doté d’une capacité de travail apparemment illimitée. Il était connu pour sa grande disponibilité. Des dizaines de milliers de personnes peuvent d’ailleurs témoigner de rencontres avec lui, qui ont transformé leur vie.

Il a écrit et publié plus d’une centaine de livres. Mon Maître, un hommage à son bien-aimé Babuji, a été traduit en 20 langues.

En raison d’une santé devenue fragile, Chariji a désigné, dès 2010, Kamlesh D. Patel comme vice-président de la Mission et son successeur. Ces nouvelles ont été annoncées publiquement, afin de leur assurer une large diffusion et de faciliter la prise de fonctions de Kamlesh. Dès lors, et jusqu’au décès de Chariji, le 20 décembre 2014, ils ne se sont quasiment jamais quittés.

« Tournez-vous vers l’intérieur. Toute la connaissance, tous les pouvoirs, tout est à l’intérieur. Votre destinée est à l’intérieur, votre avenir est à l’intérieur, et l’ultime est à l’intérieur ».

Ram Chandra de Shahjahanpur (Babuji)

Babuji naquit le 30 avril 1899 dans la ville de Shahjahanpur (Uttar Pradesh), dans le nord de l’Inde. Dès son plus jeune âge, il manifesta un désir de réalisation spirituelle qui éclipsait tout autre intérêt.

Il occupa pendant plus de trente ans le poste de greffier au tribunal de district de Shahjahanpur. Il se maria à l’âge de dix-neuf ans, et sa femme, Bhagwati, lui donna deux filles et quatre fils avant de décéder en 1949.

En juin 1922, à l’âge de vingt-deux ans, il rencontra Lalaji, qui reconnut en lui son successeur, tel qu’il lui était apparu en rêve des années auparavant.

Ils ne se rencontrèrent que rarement du vivant de Lalaji, qui devint pourtant le centre et le seul but de l’existence de Babuji.

Babuji considérait que l’évolution de la conscience est un droit de naissance et qu’elle devrait être offerte gratuitement aux chercheurs sincères du monde entier. Convaincu que le vrai guru est le serviteur ultime, il vécut sa vie au service de tous, sans distinction de caste, de croyance, de religion, de sexe ou de nationalité. Il enseignait que la vie matérielle et la vie spirituelle sont comme les deux ailes d’un oiseau et que la vie de famille est le meilleur environnement pour apprendre les vertus jumelles de l’amour et du sacrifice. Il simplifia et perfectionna le système du Raja Yoga en conséquence, afin que chacun puisse le pratiquer et en bénéficier.

Il conseillait à ses disciples de ne pas se laisser décourager par leurs défauts et leurs imperfections, mais d’abandonner leurs erreurs en prenant la résolution de ne plus les répéter. Il leur rappelait que c’est dans le présent que nous développons notre caractère et créons ainsi un avenir plus radieux.

Babuji, qui était la plus humble des personnes, avait une foi immense en son guru. Il était convaincu que les chercheurs de toutes cultures et de toutes nationalités adopteraient les pratiques simples et efficaces qu’il proposait. En 1972, il introduisit le Sahaj Marg en Europe et en Amérique du Nord, accompagné de son disciple dévoué et Secrétaire général de la Mission, Shri Parthasarathi Rajagopalachari. Babuji le choisit pour lui succéder en tant que troisième guru de la tradition Heartfulness.

« La fin de la religion est le début de la spiritualité. La fin de la spiritualité est le début de la Réalité et la fin de la Réalité est la véritable Béatitude. Quand cela aussi est parti, nous avons atteint notre destination »

Babuji

Ram Chandra de Fatehgarh (Lalaji)

Né dans une riche famille de propriétaires terriens, Lalaji développa très tôt, sous l’influence de sa mère qui était très pieuse, une grande aspiration pour Dieu. Elle décéda alors qu’il n’avait que sept ans, laissant en lui l’empreinte de sa foi intense. Éduqué dans un premier temps par un précepteur, il passa huit ans à l’école de la Mission à Farrukhabad où il découvrit le christianisme. Il fut impressionné par les paroles de Jésus-Christ : « Il est possible de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille, mais impossible à un homme riche d’atteindre la demeure de Dieu. »

Suite à la spoliation des biens de la famille, Lalaji connut la pauvreté, mais accepta de bonne grâce ces revers de fortune, son but dans la vie étant de nature spirituelle.

Il s’associa à un saint soufi de l’Ordre des Naqshbandi, Moulvi Fazl Ahmed Khan Saheb, également appelé Huzur Maharaj. Celui-ci avait une approche très ouverte du soufisme, dont il dispensait les enseignements à tous, sans distinction de caste et de croyance. Il accueillait des personnes de toutes classes sociales et de toutes religions, hindous, musulmans et chrétiens. Il déclarait que les religions sont nombreuses, mais que leur essence est unique, c’est-à-dire acquérir la spiritualité.

Lalaji fit siens ces principes que l’on retrouve dans la philosophie du Sahaj Marg.

Lalaji considérait que la vie de famille était le cadre le plus favorable au développement personnel et qu’il était possible d’évoluer jusqu’au plus haut niveau spirituel tout en accomplissant ses obligations dans le monde. Poursuivant un tel but pour lui-même, Lalaji offrait de former les autres spirituellement, afin que tous, sans exception, puissent réaliser les aspirations les plus hautes, qui étaient réservées autrefois aux ermites et aux ascètes.

Sa réputation se répandit rapidement et beaucoup vinrent chercher réconfort et conseils spirituels auprès de lui. Grâce au travail qu’il a accompli, Heartfulness est aujourd’hui en mesure d’offrir une pratique simple et efficace à tous les chercheurs intéressés par la spiritualité.

“Le bonheur n’est nulle part à l’extérieur. On le trouve en fixant notre attention, dans une disposition calme et dans le retrait de notre mental. Ceux qui connaissent ce secret ne recherchent pas le bonheur à l’extérieur. Derrière la goutte s’étend la mer, la mer soutient la goutte. Faire que la goutte réalise l’océan, c’est toute la Réalité. »
Lalaji

La relaxation

 

La méthode de relaxation consiste en une série de suggestions qui nous aident à nous détendre. Il est conseillé de la pratiquer juste avant la méditation, et nous pouvons aussi y recourir chaque fois que nous en ressentons le besoin.

Éteignez votre portable et faites en sorte de ne pas être dérangé.

  • Asseyez-vous confortablement et fermez tranquillement les yeux
  • Pour commencer, remuez doucement les orteils et sentez qu’ils se détendent
  • Détendez vos chevilles et vos pieds. Sentez que l’énergie apaisante et bienfaisante de la Terre-Mère pénètre dans la plante de vos pieds, détend vos mollets et remonte jusqu’à vos genoux
  • Sentez l’énergie monter le long de vos jambes et les détendre jusqu’aux cuisses
  • Portez à présent votre attention sur vos hanches, votre bassin et votre taille et sentez qu’ils se détendent
  • L’énergie remonte maintenant le long de votre dos et le détend jusqu’en haut
  • Détendez ensuite votre poitrine… vos épaules… et sentez qu’elles fondent
  • Détendez vos bras jusqu’aux coudes… chaque muscle de vos avant-bras… puis vos mains… jusqu’au bout des doigts
  • Portez votre attention sur les muscles de votre cou et détendez-les. Remontez ensuite vers le visage. Détendez la mâchoire… la bouche… le nez… les yeux… les paupières… le lobe des oreilles… les muscles du visage… le front… jusqu’au sommet de la tête
  • Sentez à présent que tout votre corps est profondément détendu. Parcourez-le de la tête aux pieds et si vous ressentez encore une tension, une douleur ou une gêne dans une partie du corps, immergez-la un moment encore dans l’énergie apaisante de la Terre-Mère
  • Amenez doucement votre attention vers le cœur. Restez-y tranquillement… sentez-vous immergé dans l’amour et la lumière déjà présents dans votre cœur
  • Absorbez-vous lentement en vous-même.

Restez absorbé aussi longtemps que vous le souhaitez, jusqu’à ce que vous vous sentiez prêt à émerger.