Traduit à partir de la transcription du message vidéo de Daaji à l’occasion de la Journée internationale du yoga (21 juin 2025)
Chers invités, chers pratiquants et tous ceux qui recherchent le bien-être,
Aujourd’hui, alors que nous nous réunissons pour célébrer la Journée internationale du yoga, nous sommes à la croisée de la sagesse ancienne et de la modernité, là où les enseignements éternels de Bharat (l’Inde) répondent aux besoins actuels de notre famille universelle. Cette journée n’est pas simplement une célébration de postures physiques, mais une reconnaissance de la profonde contribution philosophique de l’Inde à la conscience et au bien-être de l’être humain.
La source éternelle de la sagesse indienne
C’est du sol sacré de l’Inde, où les Himalayas embrassent le ciel et où le Gange s’écoule avec une grâce divine, qu’est né le yoga, une science de la vie qui transcende le simple exercice physique. C’est dans le Rigveda, la plus ancienne Écriture de l’humanité, que nous trouvons les graines de cette compréhension cosmique. Les Upanishad en parlent comme de l’union de la conscience individuelle avec la conscience universelle : « Tat Tvam Asi » (Tu es Cela).
Le yoga représente la quintessence de la philosophie indienne, où le matériel et le spirituel s’unissent, où le souffle devient prière et le mouvement méditation. Il est la manifestation concrète de la vérité védantique selon laquelle tout ce qui existe est interconnecté et le divin réside en chaque être en tant qu’Atman.
Une philosophie qui dépasse les frontières
Ce qui rend le yoga remarquable, c’est à la fois son caractère universel et son enracinement dans la métaphysique indienne. Les Yoga Sutras de Patanjali, composés il y a plus de deux millénaires, offrent une approche systématique du développement humain que la science moderne continue de valider. Les huit membres du yoga, depuis les principes éthiques (Yama et Niyama) jusqu’à l’état ultime de Samadhi, offrent une feuille de route complète pour l’épanouissement humain.
Cette sagesse ancienne répond aux attentes actuelles de l’âme, car elle aborde des préoccupations humaines éternelles : Comment trouver la paix dans le chaos ? Comment unir le corps, le mental et l’esprit ? Comment transcender nos limites ? Les rishis de l’Inde ont répondu à ces questions non pas par des dogmes, mais par une science expérimentale, une méthodologie pour la découverte de soi, accessible à tous.
Le rôle essentiel de dhyana : au-delà des postures physiques
Nous devons ici aborder une vérité essentielle qui mérite d’être soulignée : sans dhyana (la méditation), la pratique physique du yoga reste incomplète, voire dénuée de sens par rapport à son véritable objectif qui est l’évolution humaine. Les sages des anciens temps étaient clairs : les asanas n’étaient conçus que pour préparer le corps à s’asseoir en méditation. Le Hatha Yoga Pradipika l’indique clairement : « Les asanas rendent le corps ferme, exempt de maladies et léger » ; mais il ne s’agit que de la préparation et non de la destination.
Nous assistons aujourd’hui à une tendance inquiétante qui réduit le yoga à un simple exercice physique, à une démonstration séduisante de souplesse et de force. Cette approche superficielle passe à côté de l’essence même du yoga. C’est comme admirer le portail sans jamais entrer dans le temple, comme polir la lampe sans jamais allumer la flamme à l’intérieur. Les rishis observeraient nos studios de yoga modernes avec compassion mais aussi avec inquiétude, car nous avons adopté le contenant en ignorant souvent le nectar qu’il contient.
Dhyana n’est pas un ajout facultatif au yoga, elle en est le cœur même. Grâce à la méditation, nous accédons aux dimensions les plus profondes de la conscience que les postures physiques seules ne peuvent atteindre. C’est dans l’immobilité de dhyana que se produit la véritable transformation ; là où les vrittis (fluctuations mentales) s’apaisent, où l’ego se dissout, où nous touchons notre nature essentielle. Sans ce voyage intérieur, nous pouvons obtenir un corps souple mais rester rigides dans notre conscience ; nous pouvons perfectionner notre équilibre sur les mains mais rester enfermés dans notre compréhension de la réalité.
Gratitude envers la communauté mondiale
Aujourd’hui, nous exprimons notre sincère gratitude à la communauté mondiale pour avoir adopté cette sagesse ancestrale avec le cœur et l’esprit ouverts. De Tokyo à Toronto, de Stockholm à São Paulo, des millions de personnes ont découvert dans le yoga non seulement une pratique, mais aussi un mode de vie. Cette acceptation globale est un témoignage de la sagesse collective de l’humanité ; elle reconnaît le fait que le bien-être véritable comprend la santé physique, la clarté mentale, l’équilibre émotionnel et l’éveil spirituel.
Voir des personnes de tous les continents commencer leur journée par Surya Namaskar, trouver du réconfort dans Pranayama et rechercher la vérité par la méditation nous remplit le cœur de joie. Vous n’avez pas simplement adopté une pratique ; vous avez adopté une vision du monde qui voit le divin en tout, qui promeut l’ahimsa (la non-violence) et qui reconnaît l’unité fondamentale de l’existence.
L’héritage de l’Inde se perpétue
La contribution apportée par l’Inde avec le yoga s’étend au-delà de la transformation personnelle. À une époque de crise environnementale, l’accent que met le yoga sur l’harmonie avec la nature offre des solutions. À une période où la santé mentale est à l’épreuve, le yoga offre des outils de résilience. À l’ère de la division, le message d’unité du yoga, « Vasudhaiva Kutumbakam » (le monde est une famille), devient de plus en plus pertinent.
Nous sommes profondément reconnaissants à notre honorable Premier ministre Shri Narendra Modi ji, dont le leadership visionnaire a permis de porter le yoga devant les Nations unies, ce qui a conduit à la déclaration du 21 juin comme Journée internationale du yoga. Cette résolution a connu un soutien sans précédent ; coparrainée par un nombre record de 175 à 177 nations, elle a été adoptée sans qu’aucun des 193 États membres de l’ONU n’émette une objection. Cette acceptation unanime ne représente pas un succès politique, mais une reconnaissance civilisationnelle : l’héritage spirituel de l’Inde appartient à l’ensemble de l’humanité.
La voie est tracée
En pratiquant le yoga aujourd’hui, rappelons-nous que chaque asana est un mudra de gratitude, chaque respiration un pont entre les cultures, chaque moment d’immobilité une contribution à la paix dans le monde. Le yoga nous enseigne que la transformation commence en soi ; « Yogash Chitta Vritti Nirodha » (le yoga est l’arrêt des fluctuations du mental), mais il rayonne vers l’extérieur pour guérir nos communautés et notre planète.
Que cette journée nous rappelle que les plus grandes contributions de l’Inde n’ont jamais été matérielles, mais spirituelles, qu’il s’agisse de la notion du zéro qui a révolutionné les mathématiques ou de la philosophie du yoga qui a révolutionné le potentiel humain. Ces cadeaux ont été offerts gratuitement, sans brevet ni droit d’auteur, car ils appartiennent au patrimoine collectif de l’humanité.
Un appel à approfondir sa pratique : reconquérir le véritable objectif du yoga
Pour conclure, prenons un engagement sacré : redonner à dhyana la place qui lui revient au centre de notre pratique. Ne nous contentons pas de poses dignes d’Instagram alors que notre mental reste en effervescence. Ne confondons pas forme physique et évolution spirituelle. Le voyage qui va du corps à la respiration, de la respiration à l’esprit, de l’esprit à la conscience, tel est le chemin intégral du yoga.
Aux pratiquants du monde entier : si votre yoga se termine quand vous roulez votre tapis, vous n’avez pas encore commencé. Si votre pratique apporte de la souplesse à votre colonne vertébrale mais pas à votre ego, plongez plus profondément. Si vous pouvez tenir en équilibre sur une main mais ne parvenez pas à trouver l’équilibre dans la vie quotidienne, revenez à la méditation. Le véritable enjeu du yoga n’est pas d’arriver à toucher vos orteils, mais d’arriver à toucher l’infini en vous.
Engageons-nous à faire que nos studios de yoga ne soient pas seulement des gymnases pour le corps, mais des laboratoires pour la conscience. Que chaque pratique d’asana aboutisse à la méditation, que chaque mouvement conduise au calme, que chaque forme extérieure nous guide vers le sans-forme en nous. Alors seulement nous honorerons la vision des anciens rishis qui nous ont donné cette science sacrée non pas pour des prouesses physiques, mais pour la libération elle-même.
À la communauté mondiale qui a adopté cette sagesse ancestrale : « Vous honorez non seulement l’Inde, mais les rishis dont la méditation a donné naissance à cette science. Vous validez la vision selon laquelle la sagesse transcende les frontières, le bien-être est notre droit de naissance et nous ne faisons qu’un sur le plan de la conscience malgré nos différences apparentes.
Puisse la lumière du yoga continuer à illuminer les cœurs à travers le monde. Puisse sa pratique apporter la paix aux esprits troublés, la santé aux corps souffrants et la libération aux âmes en recherche. Puissions-nous, grâce au yoga, réaliser la vérité de l’Isha Upanishad : « L’univers est la création de la Puissance suprême pour le bienfait de toute la création. Toute forme de vie individuelle doit apprendre à apprécier ses bienfaits au sein du système, en étroite relation avec les autres espèces. Qu’aucune espèce n’empiète sur les droits des autres ».
En cette Journée internationale du yoga, inclinons-nous devant la sagesse éternelle de l’Inde, devant la famille universelle qui préserve cette tradition et devant le potentiel infini qui est en chacun de nous, attendant d’être éveillé.
Om Shanti, Shanti, Shanti. Que la paix règne dans tous les domaines de l’existence.
Namaste.
Om Shanti, Shanti, Shanti. Que la paix règne dans tous les domaines de l’existence.
Namaste.