Introduction au livre « Les 10 Maximes » par K.C. Varadachari

Le monde est dans les affres d’une nouvelle naissance. Un nouveau modèle de culture est en train d’émerger. Les avancées de la science ont préparé la réorientation des buts et objectifs humains. Bien que les êtres humains pensent aujourd’hui en termes d’amélioration des conditions de vie pour tous et ont été amenés à concevoir la vie comme un ensemble et non comme une chose personnelle ou réservée à quelques élus, pour autant les moyens et les méthodes adoptés pour atteindre cet objectif restent insatisfaisants. L’homme fait ce qu’il peut avec la rationalité dont il a été doté, en principe pour sa croissance. Il n’en est pas moins à la recherche du bonheur. Ce bonheur et la paix de l’esprit semblent étroitement liés. L’homme doit réaliser qu’il appartient à un monde plus vaste, qui n’est pas seulement celui de l’humanité, mais également celui d’autres formes de vie, non seulement sur cette Terre qui est la nôtre, mais dans d’autres mondes. La science a ouvert les frontières de la connaissance dans de multiples directions. Nous sommes sur le point d’entrer dans un monde plus vaste, mais notre esprit est encore incapable de penser à une telle échelle, car en réalité nous sommes encore incapables de nous adapter à ce monde mortel et aux perspectives qu’il offre.

L’homme se sent plus grand qu’il n’est en réalité ou il se sent du moins capable de se réaliser dans le monde et de satisfaire les exigences de son corps, de son esprit et de sa vie. Ses efforts en ce sens ont été constants et il a mis toute la force d’une extrême concentration dans sa lutte pour grandir, vivre et réaliser le bonheur, dans le domaine des désirs du corps. Il est vrai que certains esprits puissants ont soutenu que cette quête du bonheur dans le monde, en adaptant celui-ci à nos besoins, est vaine, et que la précarité des résultats obtenus mériterait à être mieux connue. Ils ont aussi avancé qu’il ne peut y avoir de véritable bonheur si celui-ci est de nature éphémère. Selon eux, la définition même de l’illusion est précisément la nature éphémère de tout bonheur. La quête de l’éternel et du bonheur permanent est la quête véritable et elle suppose de renoncer à la quête éphémère du bonheur ou du succès. Cependant,  l’être  humain n’est pas tout à fait prêt à renoncer au bonheur éphémère, qu’il croit tenir, pour un bonheur permanent mais lointain. Mieux vaut l’asservissement à ce qui est immédiat, si c’est agréable, plutôt que la liberté de l’éternel qui demande de renoncer à l’immédiat. Il est donc également impossible de renoncer à la finitude ou individualité sur la promesse d’atteindre l’Infini.

Les hommes ont évidemment cherché d’autres solutions pour satisfaire leurs souhaits. Ils aimeraient réaliser l’éternel dans le temporel, l’infini dans le fini, l’illimité dans le limité, l’esprit au sein de la matière et ainsi de suite, car la nature humaine se revendique de ces deux mondes. De là se sont développées différentes philosophies, qui tentent de rendre justice aux exigences des désirs ou souhaits de l’homme ici-bas et dans l’au-delà. Le fait que ces philosophies sont gouvernées par ces désirs et ces souhaits révèle les racines psychologiques qui sont à la base de leur pensée. Celle-ci ne s’est pas affranchie de l’impulsion à se diriger vers un but, et ce à juste titre, bien qu’il faille admettre que la réalité ne peut être un but à moins d’abandonner toute prétention au bonheur, qu’il soit de nature temporelle ou éternelle.

La réalité demande à être connue pour elle-même, sans les limites et les restrictions imposées par le désir d’atteindre des buts tels que le bonheur, le plaisir ou le pouvoir. Elle doit être connue comme telle en soi et pour soi ; c’est la loi de notre être et de notre réalité véritables. L’homme a pour préoccupation essentielle sa propre réalité, la réalisation de celle-ci est l’impulsion fondamentale de son être, et le bonheur, le plaisir, le pouvoir etc. ne sont que des moyens envisagés, puis abandonnés, dans sa marche vers la réalisation de cette réalité.

Les méthodes pour atteindre cette conscience de la réalité sont très anciennes et ont connu des fortunes diverses en raison même du double objectif de l’homme. Ce n’est pas en se tournant vers le monde qu’on peut se réaliser ou y trouver sa propre réalité, mais uniquement en la cherchant en soi. Un certain nombre de philosophies ont effectivement imaginé ou édifié des systèmes et sont devenues incapables de montrer la voie vers la conscience de la réalité. La libération n’a pas pu être atteinte avec leur aide.

Le besoin de revenir à une expérience personnelle de l’Ultime est devenu urgent, et la plupart de ceux qui se sont lassés des philosophies, de la logique et de la prétendue rationalité se tournent vers une méthode qui leur donnerait accès à l’expérience ou à l’intuition et à la réalisation de l’essence de l’être ou de l’existence. Il y en a bien sûr qui ne croient pas que l’expérience puisse résoudre le moindre problème ; ils considèrent qu’il suffit de croire aux méthodes et moyens proposés par les philosophies et que l’expérience personnelle n’est qu’un leurre et un mirage. Nous ne sommes évidemment pas d’accord avec eux, et l’homme non plus ne l’a jamais été. L’expérience personnelle doit être véritablement du plus haut niveau et pas une simple hallucination produite par nos souhaits et nos chimères, autant dire des projections mentales qui n’ont rien de réel. L’hallucination est la projection d’un ensemble d’illusions qui se substitue à l’expérience de la Nature et la remplace.

Or, l’évolution de l’homme vers une conscience ou une réalité supérieure est l’effort qui nous incombe, et cette évolution ne peut plus être obtenue par de vieux schémas, adaptés à des espèces et formes de vie inférieures, y compris l’homme. Le développement d’une conscience cosmique ou d’une intuition capable de tout saisir en un seul mouvement de la conscience plutôt que par fragments, ou qui peut intégrer toutes les connaissances et percevoir l’intégralité de la réalité est un don divin que l’on ne peut espérer obtenir par les moyens naturels de la seule aspiration.

La science considère que cela devrait se produire dans le cadre de l’évolution naturelle, grâce à la capacité infinie de l’homme à adapter l’environnement à ses besoins et à faire émerger en lui-même les pouvoirs et les capacités, en quelque sorte latents (comme il l’a déjà fait), que sont la rationalité, l’intelligence, l’instinct, la volonté, la conscience elle-même et l’imagination créatrice, l’aptitude à la coopération et l’unité sociale. Cependant, l’ascension dans la vie est marquée par des ruptures et on peut se demander si ces ruptures ou ces bonds sont dus à une force innée, un élan, ou à une force ascendante qui s’est penchée vers lui pour le tirer vers le haut. L’expérience religieuse de l’homme révèle que la conscience cosmique ou divine et la conscience de la grâce transcendante se sont penchées vers lui.

C’est ainsi que cette conjonction du divin et de l’humain en l’homme est rendue possible pour la première fois dans l’évolution. Mais il reste encore un long chemin à parcourir avant le saut vers la conscience suprême ou l’Être suprême. Et l’évolution naturelle de l’homme révèlera l’existence d’une force beaucoup plus immense et supérieure à lui, qui le prend par la main. C’est le commencement de la spiritualité. Le soi est en présence de son besoin le plus profond qui est celui de la réalité suprême sans laquelle son propre avenir est impossible et intenable.

C’est l’appel à la connaissance du soi, à l’accomplissement, à la perfection, au bonheur et à la félicité suprêmes, et par-dessus tout à la perception et à la prise de conscience de la réalité du soi, qui semble disparaître dans sa nature originelle.

Les visionnaires de l’Inde avaient vu il y a longtemps que l’aide du plus Haut et de l’Esprit suprême était nécessaire afin d’élever l’homme à des niveaux de conscience plus élevés comme la supra conscience et la conscience ou l’expérience absolues. Le supra mental appartient à des régions situées bien au-dessus du mental et du surmental humains. Il y a des niveaux d’être comme le pind, anda ou brahmanda, parabrahmandaet le Suprême transcendant, que Shri Ram Chandraji de Shahjahanpur appelle la Région centrale, et le Centre. Nous pouvons en fait révéler les parallèles qui existent entre ces mondes et ceux désignés comme bhuh, bhuvah, svar, mahah, janah, tapah et satyam. À chaque niveau la conscience s’élève, conformément au plan de sa nature profonde, et subit des modifications ou des distorsions et des limitations lorsqu’elle descend, et on dit qu’elle forme les différents centres ou granthis ou chakras, qui distribuent le pouvoir de la conscience conformément aux lois de ces centres qui émergent lorsque le centre se forme.

Le yoga de la réalisation de soi exige alors l’approche du niveau le plus élevé, au-delà de tous les niveaux de conscience et d’être. La question est de savoir si c’est possible. L’autre question est de savoir s’il s’agit ou non d’un processus d’ascension progressif, permettant à l’homme de passer du niveau d’homme à celui de surhomme doté d’un supra mental, et ainsi de suite jusqu’au niveau le plus élevé. Il y a beaucoup à dire en faveur de la théorie de l’évolution graduelle. La possibilité d’arriver immédiatement au niveau le plus élevé est également ouverte à l’âme humaine qui a pris conscience que ce niveau existe et qu’il est urgent de l’atteindre. Shri Ram Chandraji nous assure que c’est possible et même facile, grâce au yoga conduit par celui qui a atteint la Réalité centrale suprême. L’évolution de l’individu devient rapide tout en étant dans un corps humain, qui est purifié et transformé dans chacune de ses cellules par cette conscience ou ce pouvoir supérieur.

Le pouvoir du Plus Haut peut ainsi descendre dans le cœur humain et commencer à le purifier pour le conduire au niveau le plus élevé. Le corps humain lui-même est ainsi fait qu’il peut recevoir la transmission de l’énergie la plus élevée ou sakti divine au niveau de plusieurs centres qui correspondent aux centres cosmiques et aux régions supra cosmiques. Une fois ses systèmes nerveux, circulatoire et autres purifiés, l’homme peut profiter ou faire l’expérience de la paix, de la puissance et de la transcendance, tout en étant incarné. Ce besoin d’évolution et son processus doivent véritablement être enseignés par un expert de cette voie du Raja Yoga.                                                                     

Dr. K.C. Varadachari, 1966

La connexion au Soi

La prière est depuis toujours la réaction naturelle de l’être humain confronté aux situations difficiles de la vie, comme la pauvreté, les épreuves, la maladie, la mort ou les catastrophes. Nous prions traditionnellement une puissance supérieure ou Dieu, pour demander ce dont nous avons besoin et ce que nous désirons.

La prière cultive une attitude d’humilité et d’acceptation et instaure une relation juste avec la Source. Elle peut nous emporter au-delà des mots, jusqu’au plus profond du sacré. Il est naturel d’exposer nos peines dans la prière, mais partageons aussi nos joies. Rester relié à Dieu en permanence dans un état d’humilité et d’abandon, c’est entrer en état de prière. Cet état se transforme en une méditation profonde, dans laquelle nous transcendons la relation pour aller vers une proximité infinie, et même vers l’unité. La prière est l’expression intérieure d’une immense gratitude.

Dans la prière, le mot « Maître » fait référence à Dieu – la Divinité dans le cœur de chacun.

La prière du Sahaj Marg/Heartfulness mérite d’être examinée en profondeur. Elle est extrêmement nuancée et comprend de multiples dimensions. Elle est composée de trois énoncés. Elle ne contient aucune demande. Il serait bon que tous consacrent du temps à essayer de comprendre l’importance et le sens véritable de la prière, en prenant chaque ligne et en réfléchissant à chaque mot. Des dimensions nouvelles s’ouvriront ainsi.

Nous offrons cette prière le soir pendant dix à quinze minutes pour nous relier à la Source, juste avant de nous endormir.

Nous l’offrons également le matin, avant la méditation.

Asseyez-vous confortablement, fermez doucement les yeux et détendez-vous. Répétez lentement et en silence les paroles de la prière ci-dessous. Méditez pendant dix à quinze minutes sur leur véritable signification et sentez les mots résonner dans votre cœur, sans tenter de les analyser. Laissez leur sens surgir de l’intérieur. Essayez de vous perdre dans cette prière. Allez au-delà des mots et laissez-vous gagner par ce que vous ressentez.

Ô Maître !

Tu es le vrai but de la vie humaine.

Nous ne sommes encore qu’esclaves de souhaits qui font obstacle à notre évolution.

Tu es le seul Dieu et le seul pouvoir qui puisse nous élever jusque-là.

Répétez cette prière intérieurement une deuxième fois et approfondissez encore votre ressenti. Laissez-vous absorber dans cette sensation au-delà des mots. Immergez-vous dans cet état de prière méditative au moment de vous endormir.

Le matin, reconnectez-vous à la Source en offrant à nouveau cette prière silencieuse avant de commencer la méditation Heartfulness.

Kamlesh D. Patel (Daaji)

Né le 28 septembre 1956 dans le Gujarat, en Inde, Daaji a manifesté très tôt un intérêt pour la méditation et la spiritualité. Il a commencé à pratiquer la méditation Sahaj Marg à l’âge de dix-neuf ans, pendant ses études de pharmacie. Peu après, il a rencontré son guru, Babuji. Après avoir obtenu son diplôme avec mention au L.M. College of Pharmacy d’Ahmedabad, Daaji s’est marié et installé à New York où il a développé une entreprise pharmaceutique prospère, tout en élevant ses deux fils avec son épouse. Dans le même temps, Daaji a continué de se consacrer pleinement à la spiritualité auprès de son Maître Chariji, successeur de Babuji. Au fil des ans, Daaji a joué un rôle de plus en plus actif au sein de la Mission, tant sur le plan organisationnel, qu’en diffusant le message du Sahaj Marg et en enseignant sa méthode. En 2011, il a été désigné par Chariji comme son successeur spirituel.

En tant que fondateur du mouvement Heartfulness, Daaji remplit désormais les nombreuses fonctions d’un guru des temps modernes, voyageant beaucoup et apportant son soutien aux chercheurs du monde entier. Il est fermement convaincu qu’il faut nourrir la jeunesse d’aujourd’hui avec des outils pratiques d’autogestion et des valeurs universelles. Sous sa direction, les étudiants et enseignants de plus de 2500 écoles, universités et collèges bénéficient d’un vaste choix de programmes de développement personnel fondés sur des valeurs universelles.

Daaji consacre une grande partie de son temps et de son énergie à ses recherches personnelles dans le domaine de la spiritualité et de la conscience, et partage régulièrement ses découvertes lors de conférences publiques, sur son site web et différents médias sociaux. Ses articles paraissent dans différentes publications, comme le Huffington Post, le Chicago Tribune, le Times of India et le Business Standard. Dil Ki Awaaz, série en douze épisodes, diffusée sur Radio City Smaran, a reçu un très bon accueil du public en Inde et au-delà.

Daaji prône le rapprochement entre les traditions anciennes et la science moderne. Considérant qu’il convient d’aborder la spiritualité avec une approche scientifique, il a réuni une équipe de cent scientifiques pour étudier les effets physiologiques et génétiques de la méditation et de la transmission yogique. Comme il le dit volontiers, « Vous êtes l’expérimentateur, l’expérience et aussi son résultat. »

Daaji souhaite que la méditation Heartfulness puisse être connue de tous les foyers du monde. Sous son impulsion, des formations gratuites à la méditation sont désormais proposées dans des milliers de Heartspots et centres de retraite dans plus de 160 pays. Les formateurs Heartfulness sont disponibles bénévolement dans le monde entier pour des méditations individuelles et de groupe, en présence ou à distance, ou encore via l’application Heartfulness pour iPhone et Android (en anglais pour l’instant).

Lien de téléchargement

Pour en savoir plus sur Daaji, visitez le site www.daaji.fr

“À mesure que nous nous élevons, notre besoin d’être reconnu diminue de plus en plus jusqu’à ce que nous devenions un avec l’infini, nous dissolvant dans l’infini et devenant l’infini. Ainsi, il y a dans le monde matériel l’épanouissement de l’égo, tandis que dans le monde spirituel il y a la totale dissolution de l’ego personnel. Ceci est la beauté du chemin spirituel. »

Daaji

Parthasarathi Rajagopalachari (Chariji)

Shri Parthasarathi Rajagopalachari, appelé affectueusement Chariji, est né le 24 juillet 1927 à Vayalur (près de Chennai), dans le sud de l’Inde. Aîné de quatre enfants, il perdit sa mère à l’âge de cinq ans, peu après la naissance de sa petite sœur qui décéda à son tour peu de temps après. Son père, Shri C.A. Rajagopalachari était cadre dans les chemins de fer, il éleva Parthasarathi et ses deux jeunes frères avec beaucoup de soin. La perte de sa mère allait cependant laisser en Parthasarathi un vide profond qui l’accompagna jusqu’à l’âge adulte.

Après une licence en sciences à l’Université hindoue de Bénarès, il occupa un premier emploi dans le domaine de l’ingénierie chimique, puis passa deux ans en Yougoslavie afin d’étudier les techniques de fabrication des plastiques.

Il épousa Sulochana en 1955 et rejoignit la même année le groupe T. T. Krishnamachari, accédant rapidement au poste de directeur exécutif d’une des sociétés du groupe. Son travail l’amena à voyager beaucoup en Inde et à l’étranger, voyages internationaux qui se poursuivirent toute sa vie, tant pour raisons professionnelles que dans son rôle de guide du Sahaj Marg.

Les aspirations spirituelles de Chariji s’éveillèrent à l’âge de dix-huit ans après qu’il eut assisté à une conférence sur la Bhagavad Gita. Il commença alors à étudier en profondeur les textes religieux et spirituels de différentes traditions, notamment le christianisme. Sept ans plus tard, en 1964, Chariji rencontra Babuji et commença la pratique du Sahaj Marg. Dès sa première rencontre avec Babuji, comme il l’a écrit dans son livre, Mon Maître, « J’ai su immédiatement et intuitivement que j’avais trouvé la personne qui, seule, pouvait être mon Maître et me conduire à mon but. »

Tout en continuant à assumer ses responsabilités familiales et professionnelles, Chariji est resté assidu dans sa pratique spirituelle et fervent dans sa dévotion envers Babuji. Il l’a assisté avec compétence dans son travail spirituel et a apporté une contribution substantielle à l’essor de la Mission.

La venue en Inde d’Européens attirés par les enseignements de Babuji a conduit celui-ci à effectuer, dès 1972, une série de voyages en Europe et en Amérique du Nord, accompagné de Chariji. Une relation de complicité et d’amour profond s’est développée entre eux à cette occasion.

Ces voyages ont semé les graines du développement du Sahaj Marg dans le monde.

Au décès de son maître en 1983, Chariji s’est consacré à la poursuite du travail de Babuji et à l’avancement de sa vision de l’humanité. Sous sa conduite, l’organisation mise en place par Babuji a prospéré en Inde et dans plus de cent autres pays. Au moment du décès de Chariji, la Mission, qui comptait 5000 membres à l’époque de Babuji, en totalisait 500 000.

Brillant orateur, Chariji était aussi doté d’une capacité de travail apparemment illimitée. Il était connu pour sa grande disponibilité. Des dizaines de milliers de personnes peuvent d’ailleurs témoigner de rencontres avec lui, qui ont transformé leur vie.

Il a écrit et publié plus d’une centaine de livres. Mon Maître, un hommage à son bien-aimé Babuji, a été traduit en 20 langues.

En raison d’une santé devenue fragile, Chariji a désigné, dès 2011, Kamlesh D. Patel comme vice-président de la Mission et son successeur. Ces nouvelles ont été annoncées publiquement, afin de leur assurer une large diffusion et de faciliter la prise de fonctions de Kamlesh. Dès lors, et jusqu’au décès de Chariji, le 20 décembre 2014, ils ne se sont quasiment jamais quittés.

« Tournez-vous vers l’intérieur. Toute la connaissance, tous les pouvoirs, tout est à l’intérieur. Votre destinée est à l’intérieur, votre avenir est à l’intérieur, et l’ultime est à l’intérieur ».

Ram Chandra de Shahjahanpur (Babuji)

Babuji naquit le 30 avril 1899 dans la ville de Shahjahanpur (Uttar Pradesh), dans le nord de l’Inde. Dès son plus jeune âge, il manifesta un désir de réalisation spirituelle qui éclipsait tout autre intérêt.

Il occupa pendant plus de trente ans le poste de greffier au tribunal de district de Shahjahanpur. Il se maria à l’âge de dix-neuf ans, et sa femme, Bhagwati, lui donna deux filles et quatre fils avant de décéder en 1949.

En juin 1922, à l’âge de vingt-deux ans, il rencontra Lalaji, qui reconnut en lui son successeur, tel qu’il lui était apparu en rêve des années auparavant.

Ils ne se rencontrèrent que rarement du vivant de Lalaji, qui devint pourtant le centre et le seul but de l’existence de Babuji.

Babuji considérait que l’évolution de la conscience est un droit de naissance et qu’elle devrait être offerte gratuitement aux chercheurs sincères du monde entier. Convaincu que le vrai guru est le serviteur ultime, il vécut sa vie au service de tous, sans distinction de caste, de croyance, de religion, de sexe ou de nationalité. Il enseignait que la vie matérielle et la vie spirituelle sont comme les deux ailes d’un oiseau et que la vie de famille est le meilleur environnement pour apprendre les vertus jumelles de l’amour et du sacrifice. Il simplifia et perfectionna le système du Raja Yoga en conséquence, afin que chacun puisse le pratiquer et en bénéficier.

Il conseillait à ses disciples de ne pas se laisser décourager par leurs défauts et leurs imperfections, mais d’abandonner leurs erreurs en prenant la résolution de ne plus les répéter. Il leur rappelait que c’est dans le présent que nous développons notre caractère et créons ainsi un avenir plus radieux.

Babuji, qui était la plus humble des personnes, avait une foi immense en son guru. Il était convaincu que les chercheurs de toutes cultures et de toutes nationalités adopteraient les pratiques simples et efficaces qu’il proposait. En 1972, il introduisit le Sahaj Marg en Europe et en Amérique du Nord, accompagné de son disciple dévoué et Secrétaire général de la Mission, Shri Parthasarathi Rajagopalachari. Babuji le choisit pour lui succéder en qualité de troisième guru de la lignée des Maîtres du Sahaj Marg/Heartfulness.

« La fin de la religion est le début de la spiritualité. La fin de la spiritualité est le début de la Réalité et la fin de la Réalité est la véritable Béatitude. Quand cela aussi est parti, nous avons atteint notre destination »

Babuji

Ram Chandra de Fatehgarh (Lalaji)

Né dans une riche famille de propriétaires terriens, Lalaji développa très tôt, sous l’influence de sa mère qui était très pieuse, une grande aspiration pour Dieu. Elle décéda alors qu’il n’avait que sept ans, laissant en lui l’empreinte de sa foi intense. Éduqué dans un premier temps par un précepteur, il passa huit ans à l’école de la Mission à Farrukhabad où il découvrit le christianisme. Il fut impressionné par les paroles de Jésus-Christ : « Il est possible de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille, mais impossible à un homme riche d’atteindre la demeure de Dieu. »

Suite à la spoliation des biens de la famille, Lalaji connut la pauvreté, mais accepta de bonne grâce ces revers de fortune, son but dans la vie étant de nature spirituelle.

Il s’associa à un saint soufi de l’Ordre des Naqshbandi, Moulvi Fazl Ahmed Khan Saheb, également appelé Huzur Maharaj. Celui-ci avait une approche très ouverte du soufisme, dont il dispensait les enseignements à tous, sans distinction de caste et de croyance. Il accueillait des personnes de toutes classes sociales et de toutes religions, hindous, musulmans et chrétiens. Il déclarait que les religions sont nombreuses, mais que leur essence est unique, c’est-à-dire acquérir la spiritualité.

Lalaji fit siens ces principes que l’on retrouve dans la philosophie du Sahaj Marg.

Lalaji considérait que la vie de famille était le cadre le plus favorable au développement personnel et qu’il était possible d’évoluer jusqu’au plus haut niveau spirituel tout en accomplissant ses obligations dans le monde. Poursuivant un tel but pour lui-même, Lalaji offrait de former les autres spirituellement, afin que tous, sans exception, puissent réaliser les aspirations les plus hautes, qui étaient réservées autrefois aux ermites et aux ascètes.

Sa réputation se répandit rapidement et beaucoup vinrent chercher réconfort et conseils spirituels auprès de lui. Grâce au travail qu’il a accompli, le Sahaj Marg/Heartfulness est aujourd’hui en mesure d’offrir une pratique simple et efficace à tous les chercheurs intéressés par la spiritualité.

“Le bonheur n’est nulle part à l’extérieur. On le trouve en fixant notre attention, dans une disposition calme et dans le retrait de notre mental. Ceux qui connaissent ce secret ne recherchent pas le bonheur à l’extérieur. Derrière la goutte s’étend la mer, la mer soutient la goutte. Faire que la goutte réalise l’océan, c’est toute la Réalité. »
Lalaji

La relaxation

 

La méthode de relaxation consiste en une série de suggestions qui nous aident à nous détendre. Il est conseillé de la pratiquer juste avant la méditation, et nous pouvons aussi y recourir chaque fois que nous en ressentons le besoin.

Éteignez votre portable et faites en sorte de ne pas être dérangé.

  • Asseyez-vous confortablement et fermez tranquillement les yeux
  • Pour commencer, remuez doucement les orteils et sentez qu’ils se détendent
  • Détendez vos chevilles et vos pieds. Sentez que l’énergie apaisante et bienfaisante de la Terre-Mère pénètre dans la plante de vos pieds, détend vos mollets et remonte jusqu’à vos genoux
  • Sentez l’énergie monter le long de vos jambes et les détendre jusqu’aux cuisses
  • Portez à présent votre attention sur vos hanches, votre bassin et votre taille et sentez qu’ils se détendent
  • L’énergie remonte maintenant le long de votre dos et le détend jusqu’en haut
  • Détendez ensuite votre poitrine… vos épaules… et sentez qu’elles fondent
  • Détendez vos bras jusqu’aux coudes… chaque muscle de vos avant-bras… puis vos mains… jusqu’au bout des doigts
  • Portez votre attention sur les muscles de votre cou et détendez-les. Remontez ensuite vers le visage. Détendez la mâchoire… la bouche… le nez… les yeux… les paupières… le lobe des oreilles… les muscles du visage… le front… jusqu’au sommet de la tête
  • Sentez à présent que tout votre corps est profondément détendu. Parcourez-le de la tête aux pieds et si vous ressentez encore une tension, une douleur ou une gêne dans une partie du corps, immergez-la un moment encore dans l’énergie apaisante de la Terre-Mère
  • Amenez doucement votre attention vers le cœur. Restez-y tranquillement… sentez-vous immergé dans l’amour et la lumière déjà présents dans votre cœur
  • Absorbez-vous lentement en vous-même.

Restez absorbé aussi longtemps que vous le souhaitez, jusqu’à ce que vous vous sentiez prêt à émerger.